(10) Épilogue

(Investigations cinématographiques, fin. Paru sur le blogue de Séquences.)

Je ne pensais pas écrire une conclusion officielle à cette investigation, tenter d’en résumer la teneur, puisque, comme je l’ai déjà noté, les résultats de l’enquête importent moins que l’enquête elle-même, mais m’y voici tout de même, ces derniers mots se sont imposés sans que je les aie médités; ainsi, si je devais écrire un rapport officiel, il se terminerait ainsi… Finalement, dans toute cette histoire, il y avait bel et bien un cadavre, présumé du moins, celui du cinéma bien sûr. Car à bien y penser, Lauren Bacall ne m’a pas simplement demandé de retrouver Cary Grant, elle voulait avant tout s’assurer que le cinéma respire toujours, d’où la nature particulièrement pessimiste de notre première discussion : il fallait partir de ce sentiment de perte pour en arriver à définir ce qu’elle et moi croyions évaporé, ou, pour le dire autrement, pour annoncer la mort du cinéma, il fallait d’abord déterminer quels critères dénotent son existence, une entreprise plus complexe que de mesurer le pouls d’un homme puisqu’il n’existe pas de critère objectif et prédéterminé nous permettant de distinguer ce qui est du cinéma de ce qui n’en est pas. Le travail de détective que Bacall m’a confié ne consistait donc pas qu’à trouver qui a commis le crime, il fallait avant tout déterminer qu’est-ce qu’un crime, comme si Philip Marlowe devait définir ce qu’est le meurtre ou l’extorsion avant d’entamer ses investigations, mais contrairement à Marlowe, je n’ai pas à accuser qui que ce soit, je peux me contenter d’affirmer ou de nier qu’il y a bel et bien un cadavre, je peux me retirer de la scène du crime (ou du non-crime) et laisser la suite de l’enquête, s’il y a lieu, à un autre. Déterminer les critères nous permettant de définir un objet, d’établir son existence, nous ne sommes pas trop loin ici de Wittgenstein, lui qui s’attardait en quelque sorte sur les critères nous permettant de dire ce que nous disons. Que ce philosophe était par ailleurs amateur de romans de détective, de leur variante américaine en particulier (il préférait l’intuition d’un Marlowe à la logique d’un Holmes), et qu’il aimait bien le cinéma populaire américain, nous rattache aussi à lui, de manière plus anecdotique peut-être, mais non moins pertinente.

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Pour rester avec ce Wittgenstein, on pourrait d’abord se demander si toutes formes d’images mouvantes constituent du cinéma, on pourrait utiliser son idée d’air de famille pour affirmer que la publicité, le vidéoclip, les films amateurs sur YouTube, etc., sont diverses formes de cinéma puisqu’ils partagent tous un certain air de famille, mais en réalité peu de personnes seraient satisfaites de cette définition. Dans le langage ordinaire, le mot « cinéma » désigne avant tout le long métrage de fiction, même s’il est vrai que cette définition tend à s’élargir. Selon cet usage courant, le cinéma serait l’idéal à atteindre pour toutes les formes d’images mouvantes : on dit de cette télévision si adulée qu’elle peut dorénavant rivaliser avec le cinéma, qu’elle est maintenant digne des meilleures œuvres cinématographiques, quelques séries télé émérites seraient du cinéma, ce qui suppose que la télévision n’est pas en soi du cinéma, mais qu’elle a le potentiel de le devenir, tout comme le vidéoclip, la publicité et même certaines vidéos amateurs sur YouTube, bref toutes ces images que l’on ne classe pas automatiquement comme du cinéma parce qu’elles n’ont pas l’honneur d’être diffusées dans une salle obscure auraient le potentiel d’être du cinéma si elles possèdent les critères appropriés. Pensons à ce dialogue sur l’usage du mot « art » dans la phrase « les jeux vidéo sont de l’art » : pareillement, le terme cinéma serait un gage de qualité, une façon de marquer notre appréciation d’une œuvre, un usage du mot qui ne repose pas sur une définition précise du cinéma, mais plus sur une intuition, celle, en somme, que le cinéma possède des qualités intrinsèques que les autres types d’images mouvantes ne partagent pas.

Pour se désoler de l’état actuel du cinéma, il faut donc avoir une idée assez singulière de celui-ci, il faut croire que les images cinématographiques possèdent un pouvoir très particulier pour qu’elles soient si rares dans le torrent contemporain d’images de toutes sortes, sinon il serait aisé de voir du cinéma partout. On comprendra que je n’en vois pas beaucoup, de cinéma, et que je ne peux me satisfaire d’une intuition imprécise dans le cadre de cette investigation, surtout si je veux justifier mon pessimisme. Nécessairement, ces critères définissant le cinéma seront personnels : imaginons que mon voisin ne peut accepter qu’un urinoir renversé soit une œuvre d’art alors que pour ma part, dans certaines circonstances, ça peut certainement en être une, tout dialogue sur ce sujet entre lui et moi portera en fait sur notre définition personnelle de l’art. Lorsqu’il me dit « c’est une merde, c’est insignifiant, c’est juste un ostie d’urinoir », il me dit qu’un ostie d’urinoir ne peut aucunement être de l’art puisque pour lui la catégorie art exclut complètement la catégorie urinoir, alors que ma propre catégorie art est probablement plus souple que la sienne, du moins en ce qui concerne les osties d’urinoirs. Est-ce que ma catégorie art (ou urinoir) est plus juste, plus exacte ou plus vraie que celle de mon voisin? On peut dire qu’elle s’accorde avec la catégorie art telle que définie par les institutions, les musées, l’histoire de l’art en général, mais je n’oserais affirmer qu’il s’agit là d’un absolu, je n’ai donc pas à convaincre mon voisin qu’il a tort. L’intérêt de notre discussion se situe plutôt dans le partage de nos critères constituant ces catégories, en fait il ne peut y avoir discussion que si nous reconnaissons que nos critères sont subjectifs, qu’ils permettent d’exprimer ce que nous ressentons face à un urinoir renversé exposé dans un musée. Wittgenstein dirait qu’il existe des liens intrinsèques et inextricables entre un critère et ce dont il est le critère, parler d’art signifie essentiellement parler de ce qu’une œuvre nous fait ressentir, de cette part irréductiblement intime de notre rencontre avec l’art. Mes choix concernant ce qui constitue du cinéma demeurent donc mes choix, le résultat de mon investigation ne peut qu’être éminemment personnel, ce qui justifie, je crois, que Bacall ait embauché plusieurs personnes pour mener la même enquête (d’ailleurs, j’aime croire que les prochaines personnes embauchées par Bacall viendront me visiter, que je fais dorénavant partie de sa liste d’informateurs, comme dans ces récits fantastiques où le héros, à la fin, se transforme en ce qu’il a vaincu). La subjectivité de nos résultats ne les rend pas insignifiants, nuls, au contraire, cela justifie qu’ils soient partagés, sujets à discussion, leurs valeurs respectives étant multipliées par leur interaction.

Ainsi, il me semble qu’il y a, dans le cas du cinéma, un critère incontournable pour déterminer son existence, cette relation éthique de l’image au réel qui a fait couler l’encre de bien des théoriciens, une relation qui pour ma part peut se résumer à la faculté que possède le cinéma de décrire le réel, donc de respecter ce qui déjà se présente comme éthique dans le réel. Les relations humaines constituent sans doute la situation éthique la plus évidente et la plus quotidienne, cette investigation a donc tourné majoritairement autour de la question de l’acteur. Dès que l’on filme un homme dans le monde, on filme nécessairement une situation éthique, mais de toute façon il y a toujours un homme qui tient la caméra. Or, cette caméra fait partie du réel et participe à ce qu’elle filme, la caméra prend part à la relation éthique qu’elle décrit, sa seule présence modifie ce réel qu’elle doit décrire, un peu comme en science l’observation d’un phénomène peut en modifier la mesure, alors cette caméra doit nécessairement prendre en considération sa propre présence dans le réel, sinon elle fausse la représentation en tentant de se rendre invisible alors qu’elle ne l’est pas. On pourrait dire que la caméra a un rapport semblable au réel à celui que le spectateur entretient par rapport à la représentation : la présence du spectateur ne fait pas que modifier la perception de l’œuvre, il la rend possible, tout comme il n’y a pas d’œuvre sans la caméra, comme si au moment de la représentation l’œil du spectateur se substituait à l’œil de la caméra et qu’il se trouvait ainsi projeté dans le même réel qu’elle a auparavant enregistré. Mais en s’intégrant à l’œuvre, en la rendant possible, le spectateur est pris dans ce jeu entre lui et l’œuvre, ce dialogue, il doit donc prendre en considération sa propre présence dans l’œuvre pour en donner une description juste, ou pour respecter lui aussi cette situation éthique que la caméra a pris la peine de lui rendre – en somme, voilà une définition de la critique, cette tentative de dialogue qui peut virer au jugement plat lorsque le spectateur néglige l’œuvre et ne décrit que ses impressions personnelles (son ennui par exemple sans ce qui l’a causé), ou à l’analyse lorsque le spectateur tente de s’extraire le plus possible de son compte-rendu, la critique idéale se tenant idéalement à mi-chemin entre ses deux pôles, une position des plus instables, insoutenable presque dans ce va-et-vient étourdissant entre soi et l’œuvre.

Pour déterminer si le cinéma est mort ou vivant, il suffit donc d’appliquer ce critère : est-ce que les images mouvantes contemporaines entretiennent toujours cette relation éthique au réel? On pourrait se demander si le réel existe toujours, mais ce serait compliquer un peu trop les choses à l’orée d’une conclusion… Cary Grant, le voilà, il est la parfaite représentation de cette relation éthique, autant par son personnage de star que par les films dans lesquels il jouait, par son aisance au dialogue entre autres; tant qu’il est sur nos écrans, le cœur du cinéma continue de battre. Mais s’il est possible de le chercher, si Lauren Bacall m’amène une photographie de lui et le déclare disparu, il est permis de croire au pire. Retrouver Cary Grant, il le faut bien, pour l’instant il ne reste qu’un fantôme, quelques pistes qui ne mènent nulle part.

Une question s’impose alors : si le cinéma ne fait que respecter ce qu’il y a d’éthique dans le réel, peut-être que la disparition de Grant n’est pas due à un défaut du cinéma, mais plutôt à un défaut du réel, qui ne saurait plus faire vivre de tels individus. Cette idée à de quoi séduire, mais il ne faut pas oublier que la caméra participe à la situation éthique, donc que si la caméra a devant elle l’individu Cary Grant, elle ne reproduira pas nécessairement, par automatisme, ce qu’il représente, il faut encore qu’elle sache comment le filmer. À n’en point douter, Grant ne survivrait pas dans l’esthétique cinématographique actuelle, dans ces champs contrechamps grossiers, son corps serait trop morcelé, il perdrait son principal outil d’expression. Pensons à Belà Balàzs qui écrivait, dès 1924, dans L’homme visible, ce manifeste prévoyant l’arrivée prochaine de Grant sur les écrans : « Mais le nouveau langage gestuel, qui arrive, naît de notre douloureuse aspiration à pouvoir être des hommes avec notre corps entier, à être nous-mêmes de la tête aux pieds (et pas seulement dans nos paroles) et à ne plus devoir traîner avec nous notre propre corps comme une chose étrangère, comme un quelconque outil pratique. Il naît de l’aspiration à retrouver l’homme corporel rendu muet, oublié et devenu invisible. » Peut-être assistons-nous présentement à un bâillonnement de l’homme corporel, comme s’il nous fallait le ré-oublier après l’avoir ressuscité. Une théorie, comme ça : notre corps étant à la fois un formidable moyen d’expression et une barrière nous séparant de l’autre, ce nouveau langage gestuel nous rappelle constamment à quel point cet autre sera toujours un étranger pour nous, une pensée qui n’a rien de réconfortant, d’autant plus qu’elle nous assure que nous aussi ne sommes que de purs étrangers aux yeux des autres, éternellement seuls dans ce corps qui nous exprime autant qu’il nous isole.

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Grant, encore une fois, nous le dit bien : quand nous le découvrons pour la première fois chez Hitchcock, l’angoisse qui nous assaille n’est pas simplement celle que nous partageons avec l’héroïne qui le soupçonne d’être meurtrier, plus profondément, nous sommes effrayés d’avoir été aussi longtemps aveugle à cet aspect menaçant de Grant, pourtant toujours là, directement devant nous. Jusqu’à Suspicion, nous croyions connaître Grant, mais il n’en était rien, son identité nous échappe, elle nous glisse entre les doigts, elle est trop fluide, et nous ne pourrons jamais la figer : à la fin de Charade, son dernier film important, où après une série de revirements de rôles (est-il bon, est-il méchant?) et la superposition de plusieurs pseudonymes, nous ne savons toujours pas qui il est réellement. Ce paradoxe du langage gestuel est donc là tout entier chez Grant : un corps si expressif (toutes ses grimaces, ses courbettes, ses postures, etc.) recouvrant un être pourtant si inconnaissable (ce que signalent aussi tous les malentendus, quiproquos et jeux de langage qui abondent dans ses films). Et se faire rappeler ainsi la nature inconnue de l’autre, sa profonde étrangeté, peut-être qu’après un siècle d’images mouvantes rendant honneur à L’homme visible, on en a eu assez de vivre ainsi si près du gouffre. Alors on multiplie les manières de se mettre en scène, de se rendre publique, pas tant pour vivre son quinze minutes de gloire ou pour prouver son existence que pour tenter de se convaincre que nous pouvons être connus (au sens épistémologique du terme). Voilà en somme le solipsisme moderne, s’exprimer par tous les moyens possibles pour tenter d’échapper à ce scepticisme angoissant, le contenu de ces expressions important moins que la diversité des moyens utilisés, d’où l’intérêt d’une page Facebook, qui permet d’étaler à la fois des photos, des vidéos, des mots et un diagramme de nos relations sociales, bref de s’auto-multimédiatiser, le propre de l’homme moderne, qui aime se fragmenter ainsi, se présenter sous plusieurs angles, une idée qu’il a d’ailleurs retenue du cinéma. Vaut mieux nier le corps aujourd’hui, communiquer par portable et par Twitter, puisque ce bon vieux verbe maintient une illusion plus certaine de compréhension que le corps, le langage possède une certaine allure d’objectivité que les expressions corporelles n’ont pas (les mots sont répertoriés dans un dictionnaire, les gestes ne le sont pas), le langage ne nous renvoyant jamais à l’étrangeté de l’autre, mais toujours à la possibilité de communication (le langage ne garantit pas cette communication, mais il nous éloigne de la partie proprement étrangère de l’autre en permettant de s’exprimer à partir de critères prédéfinis, conventionnels et acceptés par tous). Et bien sûr, chercher à comprendre l’autre demeure secondaire par rapport à son expression personnelle, ce qui n’a rien pour aider ce pauvre scepticisme qui aimerait tant être entendu… – à bien y penser, si ce portrait de l’homme invisible moderne est juste, cela revient à dire que l’individu Cary Grant ne pourrait être supporté dans la réalité actuelle, lui qui vivait de son scepticisme, l’embrassait et l’utilisait pour tenter de mieux rejoindre les autres, on ne saurait donc accuser uniquement le cinéma de sa malheureuse disparition.

***

Cette conclusion me ramène inéluctablement à ma situation personnelle, à mon drame familial : il n’y a pas de suspense à briser, je ne crois pas vous offenser en vous disant dès l’avant qu’il y a eu réconciliation. Mais comment présenter cette scène : est-ce que c’est moi qui aie approché ma conjointe le premier, ou est-ce elle? Il s’avère que c’est elle, mais qu’est-ce que cela peut vouloir dire sur moi? Je pourrais écrire que j’étais trop empreint de culpabilité, que je me croyais hors d’atteinte du pardon et tenter de susciter ainsi votre commisération, ou peut-être pourrais-je plutôt dire qu’étant donné l’étendue de ma responsabilité dans notre désunion, je considérais ne pas avoir le droit de faire les premiers pas, qu’elle devait se manifester avant moi, ce qui peut vouloir dire soit que j’ai un réel désir de me sentir aimé, que je ne peux pas approcher l’autre mais doit attendre qu’il vienne me voir pour me convaincre de son estime, ou encore que je suis hautain, que je refuse de faire ce que j’attends pourtant que les autres fassent envers moi, à moins que je me contente de me décrire comme lâche, ou paresseux, ce qui serait bien plus facile. En fait, en me demandant tout cela, quelle serait la manière la plus juste de me dépeindre et de rapporter la scène de nos retrouvailles, je me suis rappelé ce que j’écrivais il y a deux semaines, sur mes piètres talents pour la description. Et je me suis dit, du coup, que les mots n’étaient peut-être pas le bon média pour traduire cette scène, qu’il y avait peut-être un meilleur moyen à ma disposition, peut-être une de ces caméras qui peuvent si bien rapporter une telle situation (éthique, il va sans dire). Alors je me suis souvenu de cette scène, et la solution était évidente : il ne s’agit pas des mots exacts que nous avons échangés, bien que la ressemblance soit pour le moins frappante, ni les mêmes gestes, bien que notre hésitation à se rejoindre trouve là sa parfaite illustration, mais il n’en demeure pas moins que ces quelques minutes résument mieux que je ne puis le faire cet épilogue heureux, comme si le cinéma avait représenté une tranche de ma vie bien avant que je n’existe, à moins que ce ne soit moi qui imite le cinéma, afin de me convaincre peut-être que Cary Grant peut encore exister. Peu importe, voilà comment j’ai rejoint le lit de ma douce, pour ainsi mettre fin à cette investigation :

***

Sur ce, je dois quitter les lieux pour quelque temps. En effet, cette réconciliation arrive juste à temps, alors que ma conjointe s’apprête à mettre au monde notre enfant. Je vais donc aller célébrer cette réconciliation et prendre quelques semaines pour renouer avec ces responsabilités trop longuement écartées au cours de cette investigation. Je reviens dans quelques semaines, en attendant, bon cinéma!

1 commentaire sur “Une investigation cinématographique (10)”

  1. Ne partez pas trop longtemps. J’adore lire votre blogue semaine après semaine.
    Je vous souhaite «à la vie, comme au cinéma»!

    Écrit par David
Sylvain Lavallée Écrit par :

"Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » - pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins - et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire." Serge Daney

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