Mise à jour

Comme j’ai plusieurs projets d’écriture en cours, je me permets ici de les introduire rapidement, pour donner une idée de ce qui s’en vient sur ce blogue.

D’abord, peut-être un mot sur Postcards, mon blogue anglophone que je n’ai pas mis à jour depuis plusieurs mois : je ne pense pas pour l’instant poursuivre cette expérience bilingue, entre autres parce que ça m’était trop ardu, laborieux, d’écrire en anglais. Je ne sais pas trop non plus ce que je pense des jeux vidéo, même si je joue encore souvent. La dernière année a été plutôt décevante (même du côté des petits indie darling comme Gone Home et Papers Please par exemple); j’ai l’impression que j’attendais quelque chose des jeux que je n’ai finalement jamais trouvé. C’est bien divertissant un jeu, mais je n’y trouve que trop rarement la même densité (et la même attention à l’homme) qui me ramène toujours au cinéma. Je vais sûrement parler jeux un jour ou l’autre sur ce blogue-ci, mais pour l’instant je mets cela de côté.

Pour les projets plus concrets : j’achève un texte sur Jimmy P., d’Arnaud Desplechin, que je devrais mettre en ligne très prochainement, demain probablement. Je vais essayer cette année de revenir plus souvent sur les films que je vois en salles, peut-être aussi en vidéo (mais moins – ça ferait beaucoup!), pour me rappeler que je peux encore faire de la critique proprement dite, et non que de la théorie. Ce sera aussi pour moi un exercice de mémoire : j’ai tendance à oublier très rapidement un film si je n’ai pas pris le temps d’écrire quelques notes sur ce qui m’est venu à l’esprit pendant la projection. Donc, on peut s’attendre aussi à des textes sur L’image manquante et Monuments Men, que je devrais voir bientôt.

Ensuite, j’ai deux-trois citations sur la critique que je traîne depuis décembre, de Noel Carroll et Stanley Cavell, sur lesquelles je veux élaborer, à propos, en gros, de la question de la subjectivité du critique et des intentions de l’auteur.

De plus, j’ai revu Magnolia ce samedi, et à ma grande surprise je n’ai pas été déçu. Un peu quand même, ce film ayant été pour moi, il y a quinze ans, une grande révélation, pour le tout jeune cinéphile que j’étais; disons qu’aujourd’hui je suis plus conscient des limites du film, mais aussi de tout un discours qui m’avait alors échappé (en fait, je n’y comprenais pas grand-chose, je pense que j’étais avant tout en amour avec le style, la caméra). Il me faut encore quelque temps pour rassembler mes pensées, revoir un ou deux films de Paul Thomas Anderson, lire quelques textes (entre autres celui de Badiou), avant de me lancer dans une analyse sur le film lui-même et aussi, bien sûr, sur Tom Cruise (son rôle le plus significatif à mon avis puisque l’entièreté du discours du film se rapporte parfaitement à l’ensemble de la carrière de Cruise).

Enfin, la série Juste un film : j’avais commencé à écrire sur the Act of Killing il y a deux semaines, mais je n’arrivais pas à trouver le ton juste, un angle qui me convenait. Puis, hier, je me suis pas mal défoulé sur ce documentaire de Joshua Oppenheimer sur le blogue de Jozef Siroka à La Presse, alors je vous inviterais à jeter un œil, si vous voulez, sur cette discussion (j’écris sous le pseudo cinematographe, mais l’ensemble des commentaires vaut le détour – d’ailleurs, on ne dira jamais assez l’importance de ce blogue (celui de Siroka) au Québec, unique lieu de rencontre pour cinéphiles). Les liens avec 12 Years a Slave, et ce que j’ai écrit dans mes textes précédents, devraient aller de soi. Je vais peut-être achever un jour ce texte, pour donner à ma pensée sur ce film un côté plus officiel, mais pour l’instant je n’ai pas trop envie de me replonger dans l’horreur. Quant à la série Juste un film, puisqu’elle a pris une ampleur au départ imprévue, je vais la poursuivre de manière intermittente, comme contrepoint aux Notes, et sans nécessairement l’axer sur l’année 2013. Il me reste encore plusieurs idées en suspens, que je voulais relier à ce que j’ai écrit jusqu’à maintenant.

Bref, à bientôt!

Sylvain Lavallée Écrit par :

"Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » - pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins - et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire." Serge Daney

5 Comments

  1. Anonymous
    19 février 2014
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    Très hâte de lire tout ça!

    Un grand merci également pour votre blogue. Différent de celui de Siroka, mais tout aussi indispensable.

  2. Pierre Lachaine
    19 février 2014
    Reply

    Moi aussi j’ai bien hâte, surtout votre texte sur Magnolia, un film que, contrairement à vous, j’aime toujours autant, même après plusieurs visionnements (il faut dire que je suis un inconditionnel de PTA, alors…). Et Cruise y est effectivement parfait.

    Ceci dit, merci de nous tenir au courant de vos activités.

  3. Anonymous
    19 février 2014
    Reply

    Toujours un plaisir de vous lire, autant chez Siroka qu’ici. Étant moi-même un jeune cinéphile, vos réflexions me sont précieuses, et m’aident souvent à mettre des mots et des idées concrètes sur des intuitions abstraites.

    Merci, et au plaisir!

  4. 19 février 2014
    Reply

    Merci à tous pour les bons mots!

    @Pierre

    En fait, il faut savoir que personne n’aimait Magnolia autant que moi, alors même si je l’aime moins aujourd’hui, ça veut dire quand même beaucoup! Ça faisait presque dix ans je crois que je ne l’avais pas revu, mais je me rappelais encore des répliques presque par coeur, j’anticipais chaque plan, je savais que j’allais être ému par telle et telle scène, etc. Bizarre sentiment de revoir le « même » film, sans que ce soit le « même » film (parce que j’y vois de nouvelles choses).

    • Pierre Lachaine
      20 février 2014
      Reply

      Oh, je vous comprends très bien. C’est simplement que, comme vous, j’ai aussi revu le film, pour ma part il y a quelques semaines après, quoi, 7 ans peut-être (je me suis fait une petite rétro PTA à la sortie de There Will Be Blood) et, franchement, j’ai à peine cligné des yeux, transporté dans un monde parallèle, pour me retrouver au final la gorge nouée avec Cruise au chevet de Jason Robards… Bref, un plaisir de tous les instants.

      Et, je dois bien dire que vous piquez grandement ma curiosité lorsque vous affirmez que « l’entièreté du discours du film se rapporte parfaitement à l’ensemble de la carrière de Cruise ». Ça promet…

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