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Le Passé (2014), Asghar Farhadi – une critique objective

“Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » – pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins – et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire.” Serge Daney

Le Passé (2014), Asghar Farhadi – une critique objective Publié le 11 mars 20144 répliques

“Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » – pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins – et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire.” Serge Daney

Le Passé est un film réalisé par Asghar Farhadi, un homme d’origine iranienne. Il s’agit de son sixième film. Le film a été tourné en France. C’est la première fois que ce cinéaste tourne un film à l’extérieur de son pays. Le film dure 130 minutes, si on fait le calcul selon la méthode usuelle, c’est-à-dire en comptant à partir du logo du distributeur au début du film jusqu’à la fin du générique. La durée n’inclut donc pas les publicités qui précèdent le film, alors il vaut mieux calculer quelques minutes de plus que ce qui est annoncé si on veut savoir à quelle heure on va sortir de la salle de cinéma dans les cas où l’on regarde le film jusqu’à la fin du générique. Malheureusement, je ne peux pas objectivement vous dire combien de minutes il faudrait calculer car je n’ai pas mesuré la durée des publicités durant ma projection et de toute façon je ne peux pas vous assurer que ce seront les mêmes publicités qui seront présentées à votre projection. Mais ce manque de précision sur la durée du visionnement ne m’est pas imputable : les salles de cinéma sont ainsi faites.

Dans ce film, Bérénice Bejo joue le personnage de Marie, Ali Mosaffa joue le personnage d’Ahmad et Tahar Rahim joue le personnage de Samir. Il y a aussi d’autres acteurs et d’autres actrices qui jouent d’autres personnages, mais je n’ai pas ici l’espace nécessaire pour tous les nommer, encore moins de mentionner tous les figurants. Enfin… : Ahmad fait le voyage d’Iran à Paris pour finaliser son divorce avec Marie. Marie est maintenant en relation avec Samir. Samir a un fils et sa femme est dans le coma. La fille de Marie (qui n’est pas la fille d’Ahmad, ni celle de Samir) revient tard le soir. Elle parle avec Ahmad, qui prépare le souper. Il y a plusieurs scènes ensuite, mais je n’ai pas ici l’espace nécessaire pour toutes les décrire. Si vous voyez le film au complet, dans l’ordre prévu, vous allez pouvoir constater vous aussi que le film se poursuit après ce moment où Ahmad prépare un souper.

Voici un exemple de scène : au début, Marie et Ahmad se rencontrent à l’aéroport, et font ensuite un voyage en voiture pour se rendre chez Marie. Ils parlent. Je ne me rappelle plus des mots exacts (j’ai oublié mon carnet de notes ), alors je ne peux pas objectivement vous dire quelles paroles ils se sont échangées. Il y a plusieurs plans durant cette séquence. Il y a plusieurs gros plans sur des visages (encore une fois, désolé pour les approximations, je n’ai pas pris de notes). Le réalisateur utilise le champ contrechamp à plusieurs reprises, dans cette séquence et dans tout le film. Il utilise des échelles de plans différentes pendant le film. Par exemple, le dernier plan est un gros plan, mais dans d’autres scènes on voit les acteurs de la tête aux pieds.

Le Passé a été éclairé par Mahmoud Kalari. Toutes les images sont bien visibles et elles sont en couleur. C’est un film sonore, même s’il y a quelques moments de silences (c’est-à-dire que parfois il n’y a pas de paroles, ni de musique, mais une atmosphère sonore). Parfois, le son n’est pas intelligible: par exemple, dans la première scène, on voit la bouche des personnages bouger, mais on n’entend pas le son de leurs voix. Mais pour l’essentiel, le son sait se faire entendre. Il n’y a pas beaucoup de musique, mais quand il y en a, il y en a.

En vertu de l’existence de ce film, indéniable, je lui accorde la note de 8 sur 10. Si vous n’êtes pas d’accord avec moi, c’est parce que vous usez trop de votre subjectivité et ne pouvez pas voir que ce film existe avec objectivité. Car en toute objectivité, il ne peut y avoir de doute que ce film est un 8 sur 10. Tout le reste n’appartient qu’à votre regard, et rien d’autre.

“Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » – pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins – et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire.” Serge Daney

4 comments

  1. « Clac! » est le bruit, transcrit selon les conventions propres à une langue donnée, en l’occurrence le français, pour cette onomatopée, que le câble dans la tête ― à comprendre comme une métaphore ― de Sylvain Lavallée a produit en pétant. 🙂

  2. Merci (à tous), mais même les quotidiens ne sont pas aussi ineptes!

    Et en passant, c’est très réussi Le passé, moins qu’A Separation, mais tout de même remarquable. Un vrai 8/10 quoi.

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