Critique : Le fantôme de la liberté, et quelques considérations

Une nouvelle critique pour Panorama-Cinéma, Le fantôme de la liberté de ce bon vieux Buñuel. Ça m’a fait penser que je n’ai pratiquement jamais écrit sur des « vieux » films, vous savez, ceux produits avant 2010… Il y a bien eu quelques mots, parfois, au passage, mais pas de critique proprement dite.

Le truc, avec ces antiquités, c’est que je me demande ce que je pourrais bien dire de plus, de nouveau, même si en théorie mon regard n’appartient qu’à moi, même si personne n’a vu avant moi ce film comme je l’ai vu. J’insiste sur le « en théorie » car en réalité quand je revois un film de Buñuel pour en écrire la critique, je ne peux m’empêcher de voir le film à travers tout le bagage théorique qui l’accompagne déjà, je vois le film moins par mes yeux que par ceux de l’histoire du cinéma (celle que je connais, évidemment). Je sélectionne quand même ce qui m’intéresse dans cette histoire, ce qui m’apparaît plus approprié, ou ce qui me parle plus, pour attaquer le film à travers un angle qui me plaît mieux, mais j’ai l’impression qu’il y a une sorte de mise à distance, inévitable, par rapport à l’œuvre, même si, par ailleurs, j’aime beaucoup le film en question, comme c’est le cas avec ce Fantôme. Ça reste moi qui parle, mais peut-être pas un « moi » aussi pur, direct, que pour un film plus récent, que lui je peux penser tout seul avec moi-même (ce qui n’est pas toujours une bonne chose non plus). Enfin, tout ça pour dire que je ne sais pas trop si j’aime ce texte, qui ne rajoute rien de bien original à la pré-existante critique bunuelienne! (C’est sûr que l’originalité ce n’est pas tout, et qu’en parler est peut-être suffisant, considérant que la majorité des lecteurs n’ont probablement pas la même connaissance de Buñuel que moi; le critique, dit-on, est un passeur. Il reste que de mon côté il est plus difficile d’avoir le même engagement face à un texte que je sens convenu et un autre qui m’apparaît plus neuf.)

Sylvain Lavallée Écrit par :

"Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » - pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins - et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire." Serge Daney

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