Critique : The End of the Tour

The End of the Tour, ou comment trahir DFW en utilisant les propres mots de DFW, dans ma dernière critique pour Panorama Cinéma.

Sylvain Lavallée Écrit par :

"Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » - pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins - et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire." Serge Daney

6 Comments

  1. J.R.
    15 septembre 2015
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    Ah! Ce moment où j’aime un film et où je lis une de vos critiques et que je suis en accord avec vous. J’imagine qu’en n’ayant aucune idée de qui est DFW et en ne connaissant pas l’acteur qui l’incarnait (je pensais que c’était un nouveau dans le milieu), je ne me suis pas posé les mêmes questions que vous.

    N’empêche, c’est une très belle critique!

    • Sylvain Lavallée
      16 septembre 2015
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      En désaccord, j’imagine? C’est sûr que vu comme un film entre deux écrivains qui jasent, ça passe beaucoup mieux que comme hommage à DFW (que je vous conseille fortement de lire, c’est un essentiel). Je trouverais quand même la dépression trop appuyée, mais la relation entre les deux personnages est très riche. Jason Segel n’est pas hyper connu en effet (peut-être plus à la télé pour How I Met Your Mother), je ne dirais pas que c’est une star, mais il est suffisamment connu pour que je trouve son casting incongru. Et merci!

  2. J.R.
    17 septembre 2015
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    « C’est sûr que vu comme un film entre deux écrivains qui jasent, ça passe beaucoup mieux que comme hommage à DFW. » Exact.

    En fait, je voulais bien dire en accord puisque vous parlez d’éléments qui m’ont échappé et même si j’ai apprécié le film, je ne peux qu’être en accord avec votre critique. C’est une étrange sensation.

  3. RAPHAEL
    17 septembre 2015
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    Il y a un moment déjà que je souhaite m’attaquer à l’oeuvre de David Foster Wallace. C’est le temps, faut que je m’y plonge. Ma question est : par quoi me conseillez vous de commencer? J’y vais dans l’ordre chronologique de ses publications? Certaines de ses œuvres sont plus banales et peuvent être ignorées? Bref quel roman selon vous constituerait l’idéal « premier rendez-vous » avec ce mythe littéraire moderne …? Merci de m’éclairer!

    • Sylvain Lavallée
      18 septembre 2015
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      Si vous cherchez un roman, il n’y a pas beaucoup de choix : son premier, The Broom of the System, je n’ai pas lu, mais DFW l’a plus ou moins renié après Infinite Jest (ou en tout cas dans Although… il est très critique envers ce livre) ; son deuxième, Infinite Jest, un chef d’oeuvre énorme mais aussi une grosse brique (plus de 1000 pages dont un bon 200 de notes de bas de page), c’est un peu intimidant comme porte d’entrée (quoique c’est très très drôle, mais aussi très très déprimant); et son troisième, Pale King, est inachevé (une brique aussi je pense). Il est connu surtout pour ses essais, on en trouve plusieurs en ligne ici (http://www.openculture.com/2012/02/23_free_essays_stories_by_david_foster_wallace_available_on_the_web.html). Pour le cinéphile, celui sur David Lynch est un must (même si je ne le suis pas toujours dans son analyse du cinéma de Lynch), son plus réputé est probablement celui sur Federer (il écrit beaucoup sur le tennis), j’ai un faible pour E Unibus Pluram, sur l’influence de la télévision sur la littérature américaine. A Supposedly Fun Thing I’ll Never Do Again et Consider the Lobster sont les deux meilleurs recueils d’essais. Ses nouvelles m’ont laissé plus indifférent (quoique Brief Interviews with Hideous Man est un titre particulièrement alléchant, je n’ai pas lu celui-là).

      Although of Course… est aussi vraiment bien, c’est une discussion où il livre plus directement ses opinions sur le divertissement, la dépendance, l’ironie, des anecdotes biographiques, je l’ai déjà vu recommandé comme porte d’entrée à Wallace, mais je pense que ça s’apprécie mieux en le connaissant un peu. Je l’ai lu juste avant Infinite Jest et c’est une bonne manière d’introduire aux thèmes du roman, qui ne sont pas évidents à cerner dès l’abord (la structure est très complexe et ça m’a pris à peu près la moitié du roman pour que le tout se mette en place!)

  4. RAPHAEL
    18 septembre 2015
    Reply

    Wow, merci pour cette réponse étoffée! J’ignorais qu’il n’avait écrit que 3 romans (2 et demi en fait…). J’ai lu quelques uns de ses essais, dont celui sur Lynch. Federer as religious experience est celui qui m’a le plus impressionné.

    C’est certain que je vais continuer de lire quelques uns de ses essais et probablement Altough of course avant de m’attaquer à Infinite jest…

    Mais procrastinateur comme je peux l’être, ma pile de romans « à lire » s’accumule à un rythme bien plus effréné que celle des « lus »… Il y a aussi le fait que je marche par séquence, je suis souvent dans un mood très intense cinéma, pour ensuite le délaisser quelque peu au profit de la lecture. Seule la musique occupe véritablement une place sur une base quotidienne dans ma vie.

    Par exemple là j’ai One hundred years of solitude de Gabriel Garcia Marquez qui ramasse la poussière sur mes tablettes et pour lequel je semble avoir tant de misère à trouver le courage nécessaire pour l’aborder…

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