Ce que fut 2015 / Ce que sera 2016

Sur Panorama-Cinéma paraît maintenant le top 30 de l’année de l’équipe – un beau palmarès je crois bien, surtout les dix premières places. Le mien (un top 29!) suit ci-bas.

Je n’ai rien à rajouter cette année, pas de rétrospective à proposer, d’abord parce que cette fois mon top n’a pas été pensé selon un angle particulier, comme c’était le cas l’an dernier (les deux parties en suivant les liens), il s’agit tout simplement d’une liste par ordre (très) approximatif de préférence ; ensuite, parce que j’ai pas mal épuisé ce que j’avais à dire dans mes courts textes pour la rétrospective de Panorama ; et finalement parce que l’année n’a pas été particulièrement inspirante, côté sorties en salles, il a fallu attendre cet automne avant de trouver de quoi se rassasier un peu notre panse cinéphile (mes treize premières positions ont toutes été vues entre septembre et janvier). J’ai plus trouvé mon compte à (re)voir Hitchcock, Lang, Tarantino et à découvrir Sturges et Lewis (j’aimerais tant pouvoir retrouver encore cet Hollywood dans notre Hollywood!)

Ce que sera 2016 : on verra bien. Je voulais seulement annoncer que je viens de retourner sur les bancs d’école (à la maîtrise, en cinéma, avec comme sujet nos bons vieux acteurs), ce qui risque certainement d’empiéter sur mon temps consacré à l’écriture. Alors si je publie moins sur le web, c’est parce que je rédige autre chose pour un ailleurs inaccessible, ou en tout cas je vais éventuellement rédiger quelque chose, je n’en suis pas encore là.

Mon top 29 donc :

  1. Cemetery of Splendour, Apichatpong Weerasethakul
  2. Creed, Ryan Coogler
  3. The Assassin, Hou Hsiao-hsien
  4. Carol, Todd Haynes
  5. Right Now, Wrong Then, Hong Sang-soo
  6. World of Tomorrow, Don Hertzfeldt
  7. L’Ombre des femmes, Philippe Garrel
  8. Taxi, Jafar Panahi
  9. Arabian Nights, Miguel Gomes
  10. Winter Sleep, Nuri Bilge Ceylan
  11. Bring Me the Head of Tim Horton, Guy Maddin
  12. Mistress America, Noah Baumbach
  13. Journey to the Shore, Kyoshi Kurosawa
  14. Selma, Ava DuVernay
  15. Magic Mike XXL, Gregory Jacobs
  16. Inherent Vice, Paul Thomas Anderson
  17. Timbuktu, Abderrahmane Sissako
  18. Trois souvenirs de ma jeunesse, Arnaud Desplechin
  19. Trainwreck, Judd Apatow
  20. By the Sea, Angelina Jolie Pitt
  21. Mad Max : Fury Road, George Miller
  22. Bridge of Spies, Steven Spielberg
  23. Shaun the Sheep, Mark Burton et Richard Starzak
  24. Hitchcock/Truffaut, Kent Jones
  25. Tangerine, Sean Baker
  26. The Big Short, Adam McKay
  27. The Thoughts That Once We Had, Thom Andersen
  28. The Babadook, Jennifer Kent
  29. Leviathan, Andrey Zvyagintsev
Sylvain Lavallée Écrit par :

"Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » - pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins - et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire." Serge Daney

13 Comments

  1. Pierre Lachaine
    19 janvier 2016
    Reply

    Je tiens à être le premier à vous souhaiter félicitations et bonne chance pour cette maîtrise! En tout cas, vous n’auriez pu trouver meilleur sujet! J’espère seulement que cette baisse de régime ne soit qu’une étape en vue de vous lire encore davantage dans l’avenir.

  2. Pierre Lachaine
    19 janvier 2016
    Reply

    Rectification : vous aurez compris que je voulais plutôt écrire : « vous féliciter et vous souhaiter bonne chance ».

    • Sylvain Lavallée
      19 janvier 2016
      Reply

      Merci! En fait, cette baisse de régime m’oblige à écrire officiellement ce que je veux écrire depuis un bout de temps mais n’aurait jamais fait si je ne m’étais pas trouvé un moyen de m’obliger à le faire… (En plus de me forcer à une certaine rigueur, et la possibilité d’avoir du feedback direct de professeur(s) chevronné(s).)

  3. Martin Beaulieu
    23 janvier 2016
    Reply

    Merci d’avoir mis très bas dans votre liste Big Short. Pas un mauvais film (sauf pour le personnage de Steve Carell, pas un problème d’interprétation, mais de scénario), mais ce n’est pas non plus le chef-d’oeuvre annoncé. Par ailleurs, j’ai vu peu de chose cet année, mais mon numéro est Scicario.

    • Sylvain Lavallée
      24 janvier 2016
      Reply

      Je suis curieux : qu’est-ce que vous lui reprochez au personnage de Carell? Manque de crédibilité? J’ai bien aimé le film quand même, sinon il ne se serait pas rendu sur la liste, mais ce n’est clairement pas un chef d’œuvre. Pas encore vu Sicario, mais je serais très surpris d’aimer, d’après tout ce que l’on m’a dit sur le film et bon, on sait ce que je pense de Denis Villeneuve. Je vais finir par le regarder, ne serait-ce que pour les scènes d’action, semble-t-il bien menées.

  4. RAPHAEL
    24 janvier 2016
    Reply

    Félicitations pour ce retour sur les bancs d’école, ça demande toujours une bonne dose de courage pour se replonger aux études après une assez longue période d’arrêt. Et beaucoup de détermination. Mais avec le talent que vous possédez, disons que je n’ai pas peur pour vous…!

    Pour ma part, n’ayant à peu près rien vu de ce qui est sorti en 2015, j’irai plutôt avec mon top 10 des films qui m’ont le plus marqué lors de mes écoutes de la dernière année. En somme une autre belle année, remplie de découvertes cinématographiques fabuleuses.

    1. The night of the hunter
    2. Aguirre, the wrath of God
    3. Seven
    4. Exotica
    5. Barry Lyndon
    6. On the waterfront
    7. Boyhood
    8. Lawrence of Arabia
    9. Mommy
    10. Don’t look now

    • Sylvain Lavallée
      24 janvier 2016
      Reply

      Merci! Du courage, je ne sais pas, mais c’est surréaliste, surtout que je dois faire deux cours de bac pour finaliser mon admission à la maîtrise (mon dossier est un peu compliqué), ce qui me donne l’impression d’avoir reculé puisque j’ai passé à travers cette matière deux ou trois fois déjà (enfin, pour un cours, l’autre est super).

      Des beaux visionnements cette liste, c’est sûr. Vous me faites penser qu’il faut vraiment que je revois Don’t look now…

  5. RAPHAEL
    25 janvier 2016
    Reply

    Ouf Don’t look now! Quelle charge émotive ce film peut-il contenir… C’est dans le très lourd et le ton est donné dès le départ avec la terrible scène d’ouverture.

    Ça me fait penser à Donald Sutherland et je réalise que je l’ai vu à l’oeuvre trois fois dans la dernière année. Dans Don’t look now, Klute et tout récemment dans Invasion of the body snatchers.

    Bon sang que j’aime le cinéma des 70’s! Et bon sang que la présence physique singulière qu’amenait Sutherland à son apogée me semble se marier à merveille avec ce grain, cette signature visuelle si particulière aux films de cette époque.

  6. Martin Beaulieu
    25 janvier 2016
    Reply

    J’arrive en retard à votre question. Voici mon problème avec Steve Carell, il joue un courtier d’expérience et là dans le film, il a l’impression de découvrir comment le mode de la finance fonctionne… Le repas a Vegas avec le vp banquier qui lui explique que d’un côté il vend des produits financiers qu’une autre branche de sa banque conçoit, là je m’excuse, mais j’ai décroché. Ce type de comportement était largement connu avant la crise de 2008 et un « insider » comme le personnage de Carell l’aurait su. Sa crise existentielle alors qu’il réalise un gros coup d’argent, je n’y croyais pas. Les deux kids, Brad Pitt, Christian Bale, pas de problème, mais Carell, on a trop voulu nous le rendre artificiellement sympathique (naïf, conflit moral). On a voulu qu’il soit le lien moral avec le spectateur. Personnellement, ce n’était pas nécessaire.
    Pour Sicario, ce n’est pas pour les scène d’action, je dirais que c’est c’est presque pour le reste. Je vous invite à la regarder et à faire un commentaire rapide, je vous promet une discussion.

    • Sylvain Lavallée
      25 janvier 2016
      Reply

      @Martin Beaulieu

      C’est vrai, je n’y avais pas pensé, mais s’il faut faire un trade-off, entre la crédibilité du personnage et son lien moral avec le spectateur, j’aime mieux garder ce lien au dépens de la crédibilité (évidemment, si je peux dire cela, c’est probablement parce que j’y ai cru, à son personnage…) Je vais finir par regarder Sicario, ça m’intrigue malgré mes préjugés.

      @Raphaël

      Vrai que Sutherland incarne bien les 70s (ce n’est pas ma période préférée par contre, on sait que je préfère de 30 à 50, mais bon, je n’ai rien contre non plus…)

  7. J.R.
    27 janvier 2016
    Reply

    En voyant votre appréciation récente de La vie est belle, je n’avais d’abord pas vu le 0 avant les 4 étoiles. Je pensais donc que vous disiez que la vie ne saurait se tolérer sans ce film. Une discussion sur les films de merdes sur Siroka me revenait en tête pendant que je me demandais ce qui avait bien pu vous faire changer d’idée ainsi. « Pas drôle, chantage à l’émotion, déformation de l’histoire de la Shoah qu’on ne permettrait pas à des révisionnistes. » dixit Unholy Ghost.

    Et vous de rajouter: « Un film supporte une vision du monde, c’est un point de vue, et si c’est un point de vue de merde sur le monde, peu importe s’il est bien exécuté, techniquement impeccable, ça donne un film de merde. Alors, oui, peu importe les qualités, bien réelles, que l’on peut trouver à Forrest Gump, Amélie, Incendies, Slumdog, La vie est belle (le pire de tous quant à moi), etc. (j’ai presque envie de rajouter Skyfall, et la carrière de Mendès quant à y être), ça demeure des films de merde. »

    (Oui oui, j’ai souvent des souvenirs de conversations sur le blogue de Siroka qui refont surface.)

    • J.R.
      27 janvier 2016
      Reply

      Je me joins aux autres pour vous souhaiter bonne chance pour cette maitrise! Sur les acteurs… Ça promet!

      • Sylvain Lavallée
        27 janvier 2016
        Reply

        Ah non, je n’ai pas changé d’avis, ou plutôt, comme j’avais changé d’avis bien des années après avoir vu le film (j’avais beaucoup aimé à sa sortie), le revoir aujourd’hui, après toutes ces années, m’a confirmé que j’avais bien fait de changer d’avis! Maintenant, je peux défendre mon opinion du film avec plus de certitude – vous devriez lire mes arguments bientôt à quelque part. Euh Mendes, j’exagérais quand même, c’est pas très bon, mais ce n’est pas la même catégorie…

        Merci!

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