Chronique : Todd Haynes : Images mouvantes

Ça faisait longtemps : enfin un nouveau texte pour Panorama Cinéma, sur le cinéma de Todd Haynes, en lien avec le thème du numéro en cours, la banlieue. Une deuxième partie suivra bientôt, sur Mildred Pierce et le cinéma de Kate Winslet.

Sylvain Lavallée Écrit par :

"Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » - pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins - et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire." Serge Daney

3 Comments

  1. J.R.
    21 avril 2016
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    Ça ne vient pas de moi, mais en le lisant, j’ai cru que ça pourrait vous intéresser. C’est un texte écrit par un ami sur Carol pour lafuriaumania.

    Un extrait que j’aime bien:
    «Dans Carol, Therese, en commençant à « s’intéresser à l’humain », commencera à s’intéresser à diverses formes de visions intimes du monde et, du même fait, semblera commencer à assumer sa propre place dans la société en photographiant, un peu à la manière de Leiter, un anti-autoportrait d’elle-même dépeignant le monde qui l’entoure tout en faisant ressortir son positionnement sensible face à celui-ci.
    À travers les yeux des photographes réels et fictifs qui nous intéressent — en incluant ceux du réalisateur et du directeur photo de Carol — il semble définitivement y avoir une forme de pratique médiatique où la photo tente de faire le pont entre la perception intime du monde et le monde objectif. L’objectif de la caméra combat la fixité présumée de l’objectivité du monde en y insérant du mouvement, nous forçant à le re-découvrir et éventuellement à le re-définir. Therese aura besoin que le monde soi redéfini à travers celui-ci pour que son amour soi accepté aux yeux du monde. Au départ elle sera figée, comme dans l’attente d’une permission — constamment indécise, elle se plie toujours aux normes et désirs des autres, mais en s’acceptant et en acceptant son talent de photographe, elle finira par s’insérer activement dans le monde.»

    http://www.lafuriaumana.it/index.php/60-lfu-27/533-olivier-belanger-go-west-young-woman-aux-frontieres-de-l-intime-carol-de-todd-haynes

    • Sylvain Lavallée
      21 avril 2016
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      Merci pour le lien, vraiment très intéressant, en effet! Je suis surpris de ne pas y voir une mention sur mon ami Stan (Cavell) : tout au long, le texte suit le fil de cette « Amérique toujours inatteignable » d’Emerson, sans la mentionner mais en tournant autour d’elle, surtout dans la première partie, et cette Amérique inatteignable est justement au centre de la réflexion de Cavell (et clairement aussi dans le cinéma de Haynes – c’est en filigrane dans mon texte sur Kate Winslet : là où elle est, à la fin, comme à la fin de Titanic, c’est en Amérique).

  2. J.R.
    28 avril 2016
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    Je lui ai fait parvenir votre commentaire et il avoue avec honte, après vous remercier pour le commentaire, ne pas avoir lu Cavell, mais que ça ne saurait tarder!

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