2013 bis

Commençons cette deuxième partie de rétrospective en forme de fourre-tout éparpillé par un oubli (mineur) dans ma précédente liste :

Bling Ring, Sofia Coppola

On a accusé Coppola de ne pas se montrer (assez?) critique vis-à-vis de son sujet, de partager avec ses personnages une fascination malsaine pour le luxe et le matérialisme clinquant. Je ne suis pas sûr de comprendre ce reproche : est-ce dire qu’il n’aurait pas fallu tourner dans la vraie maison de Paris Hilton? Pourtant, le film s’adresse à notre propre voyeurisme, alors comment s’y prendre sans susciter d’abord ces élans voyeurs en nous promettant de nous montrer ce que nous (certains du moins) rêvent de voir, c’est-à-dire justement la maison réelle d’une vedette? Ou est-ce que Coppola aurait dû filmer cette richesse avec des couleurs ternes et sans vie, ou se tenir très loin de ses personnages, en retrait, ou les montrer vils et pervers, silhouettes courbées et rictus haineux, dans une posture réifiant leurs esprits « mal tournés »? Mais qu’il y a-t-il de reprochable dans l’empathie d’un artiste pour ses personnages, dans le fait de reconnaître une fascination qu’elle partage avec ceux-ci? Le point de vue du film est pourtant clair : c’est le gars qui n’oserait pas par lui-même entrer par infraction chez une vedette, et qu’il le fait tout de même, autant par désir d’appartenance à un groupe que par un voyeurisme qu’il n’aurait pas assumé seul mais qu’il est bien heureux de pouvoir combler et partager. En somme, c’est pratiquement la position du spectateur (et probablement celle de la cinéaste), qui lui aussi, par ce film, peut assumer son voyeurisme et rentrer dans la maison d’Hilton, depuis la distance confortable de la fiction, sans avoir à commettre d’actes criminels, en partageant de plus cette expérience avec une foule anonyme. Amplifier la distance déjà intrinsèque à la fiction par une caméra plus neutre ou carrément réprobatrice ne ferait qu’établir une morale aussi facile que spécieuse; il me semble bien plus intéressant d’explorer cette fascination, de reconnaître le voyeurisme en soi, voyeurisme qui est tout de même à la base du dispositif cinématographique (la promesse de nous mettre en présence, de nous faire voir, un monde duquel nous sommes absents) – par ces derniers mots, je n’essaie pas d’illuminer une quelconque dimension méta- propre à ce film; ils servent plutôt à convaincre ceux qui ne se croient pas voyeurs qu’ils doivent bien l’être un peu s’ils traînent dans une salle obscure. Non, il n’y a pas de « critique » dans ce film, dans le sens qu’il n’y a pas de condamnation claire de ces infractions et de ce culte de la superficialité; il y a plutôt un constat mélancolique, ce qui déjà est un point de vue plus personnel que l’évidente et donc vaine dénonciation de la superficialité qu’appelait un tel sujet (en fait, une telle dénonciation serait carrément hypocrite).

Quelques fantômes persistants maintenant, des idées inachevées qui me hantent depuis cet automne et qu’il me faut exorciser pour ne pas commencer l’année avec un trop-plein menaçant de déborder vers la folie…

Je disais la dernière fois que j’ai établi mon palmarès seulement à partir des sorties officielles en salles; autrement dit, j’ai écarté le Touch of Sin de Jia Zhangke, qui se retrouvera probablement dans mon top 2014 vu sa présence, euh, présente en salles, Stray Dogs de Tsai Ming-Liang (un film mineur de l’un des mes cinéastes favoris) et Our Sunhi de Hong Sang-soo (lui, sublime), tous vu au FNC et sur lesquels je peinerais à écrire aujourd’hui, faute d’impressions trop imprécises, mais il font tous partie de mes grands plaisirs cinéphiliques de 2013.

J’y ai vu aussi Tel père, tel fils d’Hirokazu Koreeda, et lui m’a offert une réflexion en contrepoint à celle sur 12 Years a Slave qu’il me semble pertinent de noter ici :

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Film agréable, sans doute, mais aussi trop gentil, lisse. Le problème, en fait, c’est que Koreeda étend son humanisme trop loin, au point de pardonner à ses personnages avant même qu’ils ne posent un geste déplorable, avant même, surtout, que le spectateur puisse lui-même se faire une idée du personnage. Le cinéaste m’enlève ainsi le droit d’être en colère, de m’indigner, de réprouver… Bien sûr, il n’y a rien de mal dans le fait de motiver un personnage, de justifier ses actions, mais connaître la cause, les raisons d’un acte qui cause tort ne l’excuse pas pour autant; on peut comprendre et juger. Comprendre peut parfois atténuer le blâme, mais cela n’efface jamais la faute : qu’ils soient motivés de façon claire ou non, nous sommes toujours responsables de nos actes (c’est un problème fréquent de films à scénario d’ailleurs : la causalité qui lie un événement du passé à une action présente déresponsabilise un personnage puisqu’au fond il n’avait pas le choix, il ne faisait que réagir, l’effet suit toujours la cause et on n’y peut rien – le défi est de montrer comment le passé forge le présent sans le déterminer, c’est-à-dire tout en conservant la part de liberté et de responsabilité, le choix de défier ou rester enfermé dans ce passé). Quand tout est pardonné à l’avance, on ne peut plus ressentir ce qu’il peut y avoir d’insultant, d’humiliant dans une action qui porte atteinte à autrui : on le voit, ce mal, on le sait, mais nos émotions restent en retrait, on ne sent plus le tort subi mais le baume humaniste qui le recouvre, ou plutôt qui cache la douleur, comme si ce n’était pas si grave puisqu’on comprend pourquoi le fautif a agi ainsi… Et que vaut un pardon a priori, qui ne nous laisse pas le temps de comprendre ce qu’il y a de spécifique à pardonner dans cette situation-ci?

Bref, d’un côté, on est bien content que Koreeda évite tous les clichés les plus évidents et le manichéisme attendu dans sa confrontation entre le père riche-trop-au-travail et le père pauvre-près-de-ses-enfants, et on salue tous les trésors de nuances qu’il déploie à chaque scène, mais de l’autre, il me semble que le dilemme, pourtant des plus difficiles, n’existe pratiquement pas à l’écran, le tiraillement est évacué car peu importe comment agissent ces personnages ils seront toujours sauvés par leur cinéaste. Alors plutôt que de sentir le déchirement entre deux options ni meilleure ni pire que l’autre (comment choisir entre notre fils de sang qui nous est inconnu et le fils que nous avons élevé pendant six ans sans savoir que ce n’est pas le nôtre?), on sent que peu importe le choix il sera bon (de toute façon, le film ne semble avoir rien à dire sur les différences entre les liens de sang et les liens sociaux, culturels). Impossible de ne pas aimer ce film, mais difficile de vraiment l’aimer aussi.

Et le Québec, lui?

Je n’ai pas vu grand-chose, à vrai dire, excepté Vic + Flo ont vu un ours, critiqué ici, Sarah préfère la course, bien mais je n’ai rien de plus à en dire, et…

Le démantèlement, Sébastien Pilote

LE DEMANTELEMENT, 2013. ph: Bertrand Calmeau/©Film Movement

Bel exemple de tout ce qui cloche dans le cinéma québécois; non pas que le film soit mauvais, loin de là (c’est même beaucoup plus réussi que Le vendeur), mais tout ce qui est beau et humain dans la mise en scène se heurte à un scénario SODEC inc., et n’arrive donc pas à faire éclater le carcan réducteur du crisse de « message » à faire passer. Pas tant un message ici qu’une célébration sans nuance du sacrifice de soi, avec une forte dose de misérabilisme pour bien faire ressortir l’émotion (pauvre Gabriel Arcand qui sacrifie absolument tout, jusqu’à sa dignité, pour faire plaisir à sa fille manipulatrice). Le problème vient en partie de la nature de la demande d’aide financière de sa fille : irresponsable, elle demande à son père de tout sacrifier (elle sait bien qu’il n’a pas l’argent qu’elle demande) pour protéger son confort matériel (une maison, c’est nécessaire pour des enfants? combien de ménages montréalais en appartement vivent décemment, en commençant par le mien?) Pilote veut ainsi présenter un sacrifice complet, c’est-à-dire un homme qui se démantèle pour une fille qui n’a aucune considération pour lui, alors Pilote insiste pour nous montrer à quel point cet homme renonce à tout (la scène avec Pierre-Luc Brillant en est le plus bel exemple, cet agent de l’Office Municipal qui dit d’emblée à Gaby qu’il ne recevra jamais de visites dans son nouveau logement et qu’il va crever seul dans son trou puant – question misérabilisme, on ne peut pas faire mieux).

C’est pourquoi les scènes de Gaby au travail ont beau être formidables, pleines de vie, on ne peut jamais les apprécier pour elles-mêmes puisqu’elles ne servent au fond qu’à montrer tout ce qu’il perd, qu’à renchérir sur l’altruisme de son geste. Même chose pour la première scène de l’encan, de manière encore plus évidente, puisqu’elle sert uniquement à nous montrer ce que Gaby va bientôt vivre : la caméra se montre empathique envers les fermiers, le moment, en soi, est très beau, mais rapidement on se rend compte que ces fermiers ne servent qu’à éclairer Gaby (j’avais d’ailleurs relevé un problème semblable dans Le vendeur). Ces personnages secondaires n’existent plus alors comme entités distinctes, mais deviennent des outils scénaristiques qui ont une fonction bien précise : nous dire à quel point Gaby sera triste quand il perdra sa ferme, et à quel point, donc, son sacrifice lui sera douloureux (en somme, ça nous prépare à sortir les mouchoirs au dernier acte).

Il semblerait que pour Pilote le sacrifice est beau en soi, peu importe ce qui le justifie, peu importe si ce don de soi sert une cause douteuse. La fin, en ce sens, est terrible : Gaby qui sourit dans son trou puant mis en parallèle avec sa fille qui sourit dans sa grande maison, cela nous montre qu’il est bien heureux d’avoir donné à sa fille un confort dont elle n’a pas vraiment besoin; qu’il est bien correct, donc, d’annihiler une vie pour soutenir le matérialisme, de se tuer pour une maison. Peut-être qu’il faut y lire une métaphore de la ville qui peu à peu détruit ce qui reste de notre contact à la nature (il y avait en tout cas cet antagonisme ville-région dans Le vendeur), ou sur le capitalisme qui avale les hommes, mais rien dans le film ne nous invite vraiment à penser à ce niveau puisque nous sommes toujours à hauteur d’homme (et nous n’avons jamais de distance par rapport à Gaby, son point de vue est celui du film). Bref, le geste de Gaby est beau, il n’y a pas de doute, mais il est aussi idiot.

Mais je partais du cinéma québécois : après avoir vu ce film, je voulais écrire un article sur comment notre structure de financement, basé sur la lecture d’un scénario, conditionnait le type de cinéma que l’on a. Pilote est un bon metteur en scène (et Arcand est superbe), mais pas assez pour dépasser les limites de son scénario (ce qui est très frustrant : j’aime ces images, puis la scène suivante me dit que je ne les aime pas de la bonne façon, qu’elles veulent dire ceci et rien d’autre). Peu de cinéastes réussissent à se débrouiller avec cette structure (Philippe Falardeau et Bernard Émond, c’est à peu près tout), les meilleurs se tiennent en partie en dehors (Denis Côté, Robert Morin, Xavier Dolan…) Le démantèlement n’est pas un mauvais film, mais c’est très limité, et malheureusement c’est à peu près ce qu’il peut se faire de mieux dans un contexte de SODEC, Téléfilm, etc., de lectures de scénario par comité. J’écrirai peut-être un vrai article sur le sujet un jour, mais il me faudra voir plus de films québécois pour être sérieux.

Un semi-plaisir de fin d’année…

Anchorman 2, the Legend Continues, Adam McKay

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Will Ferrell ne devrait pas faire de sequel. J’ai bien aimé cet Anchorman 2, c’est même souvent très drôle, mais tout ce qui fait l’originalité (et la valeur) de Ferrell y est pratiquement absent. J’en avais déjà parlé je ne sais plus où, mais ce que j’admire avant tout chez cet acteur est l’adoption franche du non-sens, sa manière de briser la causalité si chère à Hollywood en construisant ses films sur des gags qui se préoccupent peu de raconter « une bonne histoire ». Chez lui, l’histoire ne va jamais entraver le gag; le gag est plus précieux que n’importe quelle fidélité à la sacro-sainte logique narrative, et en fait le gag est construit souvent aux dépens du récit (tiens, une bonne leçon pour Sébastien Pilote!) La bataille entre journalistes dans le premier Anchorman n’avait absolument aucune valeur narrative : elle survenait sans raison et n’avait aucune influence sur le reste du film. Elle pourrait être retiré au montage et le récit n’en souffrirait pas, une totale gratuité qui rendait la scène d’autant plus jouissive. Mais puisqu’elle est devenue culte, Anchorman 2 ne pouvait pas passer cette scène sous silence, alors naturellement nous avons droit à une bataille entre journalistes à la puissance mille. Aussi jubilatoire soit ce défilé de caméos qui n’en finit plus, le gag est devenu convenu parce que la scène répond maintenant à la logique du sequel, à l’effet d’amplification attendu. Et non seulement le principe même du sequel (du moins le sequel conventionnel; il aurait été fort possible, et souhaité, de briser cette convention) entrave l’humour de Ferrell, mais en plus, dans ce cas-ci, le gag de la-bataille-débile-entre-vedettes participe maintenant à un effet de suspens, un prétexte (absurde, mais un prétexte tout de même) pour ralentir Ferrell qui doit arriver à temps pour le concert de son fils. Ça demeure très drôle, mais aussi très convenu. En ce sens, le film est une déception, et un échec artistique, même si l’on rit beaucoup. Le principe sériel employé par Ferrell jusqu’à maintenant était plus approprié, alors qu’il enfilait les comédies sur un sport : il pouvait jouer ainsi sur toutes les possibilités comiques de la répétition, de l’accumulation, sans jamais devoir se plier à une répétition du même+1, en conservant donc une liberté qui est l’essence même de son humour. (Notons aussi que même si les blagues à saveur raciste, dans Anchorman 2, se font aux dépens du racisme de son personnage et non pour rabaisser les Noirs visés par ces propos, par le fait que les personnages Noirs demeurent secondaires, stéréotypés et très peu présents à l’écran, ceux-ci demeurent des faire-valoir pour l’humour de Ferrell (d’ailleurs, ils ne font pas de blague, on rit toujours de Ferrell), procédé des plus douteux qui ne fait au fond que confirmer, involontairement, les propos racistes du personnage).

Et un bref mot sur les Coen, parce que dans leur dernier film, Inside Llewyn Davis, ils nous résument tout leur cinéma en une scène :

Llewyn visite son père dans une maison de retraite. Très beau moment de tendresse, il y a bien des raisons d’être ému par cette scène : parce que Llewyn n’a pas visité son père depuis longtemps, parce qu’il lui annonce qu’il veut quitter la musique alors ce chant pourrait bien être son dernier, parce que c’est une chanson sur le travail en mer qui unit père et fils et qui signifie autant l’amour de Llewyn pour la musique que son désespoir de retourner sur mer, parce que cette chanson saurait plaire au père nous dit Llewyn… Bref, parce que Llewyn met ses trippes sur la table, parce que son père semble l’écouter même si c’est ambigu, parce qu’il y a de l’humain, des sentiments… Mais les Coen ne veulent rien savoir de la beauté, ça ne les intéresse pas, ou plutôt ça n’existe pas, alors pourquoi s’y intéresseraient-ils? Car le père n’écoutait pas, en réalité il chiait dans ses culottes. Vous voulez de la beauté? N’y pensez pas, il y a toujours un tas de merde derrière.

Je veux écrire plus amplement une autre fois sur les Coen alors je ne vais pas en dire plus sur ce film, qui est tout de même l’un de leur plus réussi (je veux dire: moins détestable), en grande partie grâce à Oscar Isaac, qui est le seul acteur, de mémoire, ayant réussi à conserver son humanité dans un film des Coen (à l’exception de Frances McDormand dans Fargo, mais ils la rattrapent à la fin, et peut-être Tommy Lee Jones dans No Country for Old Men).

Quelques notes finales…

Les films qu’il me faudra bien voir un jour : Blue Jasmine, L’inconnu du lac, Amour, Only God Forgives, Like Someone In Love, Upstream Color

Le film que je regrette le plus d’avoir vu dans un état de fatigue avancé : Camille Claudel 1915 (ce qui explique pourquoi j’en n’ai jamais parlé)

Meilleur chef d’œuvre découvert cette année

McCabe & Mrs Miller de Robert Altman
avec mention honorable à the Incredible Shrinking Man de Jack Arnold

***

Je voulais écrire sur la musique, mais le temps me manque, alors une liste d’album suffira, dans un ordre approximatif, du plus apprécié au moins apprécié :

Neko Case, The Worse Things Get, The Harder I Fight, The Harder I Fight, The More I Love You
Kanye West, Yeezus
Chelsea Wolfe, Pain is Beauty
Savages, Silence Yourself
My Bloody Valentine, m b v
John Grant, Pale Green Ghosts
Nick Cave, Push the Sky Away
David Bowie, the Next Day
Arcade Fire, Reflector
Phosphorescent, Muchacho
Deafheaven, Sunbather
Burial, ses deux ep, Truant et Rough Sleep
Daft Punk, Random Access Memory
Jon Hopkins, Immunity
Kurt Vile, Walking on a Pretty Daze
Oneohtrix Point Never, R Plus Seven
Yo la Tengo, Fade
Death Grips, Government Plates
Boards of Canada, Tomorrow’s Harvest
Janelle Monae, the Electric Lady
Fuck Buttons, Slow Focus
Anna Calvi, One Breath
Iceage, You’re Nothing
Low, the Invisible Way
Haim, Days are Gone
Jonathan Wilson, Fanfare
Laura Marling, Once I was An Eagle

Mon questionnement du moment : pourquoi j’aime autant le dernier Kanye West, même s’il banalise l’esclavage en le mettant en contrepoint à une histoire de divorce (dans Blood on the Leaves), mais que j’ai eu la réaction que l’on sait par rapport au 12 Years a Slave de Steve McQueen? Je crois avoir un début de réponse, au-delà du « j’assume mes contradictions » que l’on utilise souvent pour s’autoriser à ne pas penser; j’en parlerai peut-être un jour.

Et je reviendrai probablement en conclusion de cette rétrospective sur mon année vidéoludique. Mais avant, il faudra se demander ce qu’il reste du monde au cinéma. Bref,

à suivre…

Sylvain Lavallée Écrit par :

“Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » – pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins – et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire.” Serge Daney

4 Comments

  1. JR
    13 janvier 2014
    Reply

    Ce que je retiens de The Bling Ring: Les éclairages d’Harris Savides qui mettent en valeurs les personnages, leur visage, et non leurs vêtements.

    • 13 janvier 2014
      Reply

      Oui, Savides, juste pour lui ce film mérite une mention en fin d’année, mais aussi le découpage: tout est dans le jeu de regard, comment ils se regardent les uns les autres (ou se filment, se photographient) et ajustent leur attitude en conséquence.

  2. 14 janvier 2014
    Reply

    Pour le cinéma…

    Bonjour monsieur Lavallée,

    Concernant votre désir d’écrire un article sur les structures de financement qui empêcheraient les réalisateurs de dépasser leur scénario, je vous encourage fortement à partager votre point de vue. J’aimerais bien vous lire sur le sujet et savoir pourquoi, selon vous, les réalisateurs ne peuvent faire le film qui veulent…(pas assez de financement?). Est-ce que Jean-Marc Vallée aurait pu faire son Dallas Buyers Club au Canada/Québec avec le même budget ( 5 millions $) ?

    • 14 janvier 2014
      Reply

      Bonjour!

      J’ai peut-être parlé un peu vite: aujourd’hui je trouve cette idée fort réductrice (je changerai peut-être d’idée demain?) Parce qu’à Hollywood, après tout, les projets se décident aussi par scénario, et il peut y avoir pas mal de mains qui travaillent sur les mêmes mots. Il semble pourtant y avoir plus de latitude au Sud de chez nous, au-delà du fait qu’il s’y fait beaucoup plus de films, ce qui déjà garantit une plus grande variété. Car un scénario québécois se repère entre milles, autant par les scènes explicatives, la mise en scène inexistante (le look téléfilm souvent relevé) que la structure réductrice qui amène le spectateur vers une conclusion inévitable, déterminée, qui dicte tout le sens de l’oeuvre (c’est le cas du Démantèlement, même si toutes les scènes ne sont pas explicatives, quoiqu’il y en a plusieurs).

      Et je ne dirais pas que les réalisateurs ne peuvent pas faire les films qu’ils veulent, parce que je n’en sais rien (peut-être que Pilote a fait très exactement le film qu’il voulait), mais ça me semble évident que certains types de projets ne passeraient jamais les portes de la SODEC. Je veux dire: si Pedro Costa se pointe demain à la SODEC, sera-t-il financé? J’en doute.

      Je ne sais pas pour Vallée, je n’ai pas vu le film, mais de loin ça ressemble à un scénario très classique qui pourrait être financé ici.

      Enfin, je verrai plus tard: je n’ai pas vraiment envie de voir les films québécois, alors écrire sur eux ne m’intéresse pas beaucoup…

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