L’art oublié de la marche (3)

Je demandais donc : qu’est ce qu’il peut y avoir d’extraordinaire dans le fait de voler dans un monde sans gravité? Le détour par Predator nous offre une réponse qui ressemblerait à ceci : rien, car pour comprendre l’extraordinaire, l’altérité radicale, il faut la mettre en perspective avec l’ordinaire, la normalité. Le Prédateur est menaçant parce que sa présence s’oppose à un espace mis en scène selon une perspective humaine – de façon semblable, les exploits surhumains d’un Superman ne peuvent paraître surhumains que s’ils ont lieu dans un espace correspondant à notre perspective humaine (d’ailleurs, sur Krypton, Superman n’a rien d’extraordinaire). L’art oublié de la marche parce que de nos jours au cinéma il n’y en a plus d’espace humain, se déplacer d’un lieu à un autre ne prend plus de temps, ne consomme plus d’énergie; dans un sens, tous les personnages sont des Superman puisqu’ils évoluent dans un monde si immatériel qu’ils semblent y être Tout-Puissants, le monde se pliant sous leurs pas et s’offrant à eux tel un outil fonctionnel, prêt à être manipulé à souhait. Le cinéma n’est plus pensé comme un monde, avec sa matérialité, ses textures, sa persistance, sa résistance, son altérité, sa réalité quoi, mais comme une image, malléable, fluide, ponctuelle (c’est-à-dire sans passé et sans avenir, sans persistance temporelle) – c’est juste un film, pour faire le pont avec mon autre série d’articles.

On se souvient de la question clé qui régit la mise en scène de McTiernan, « comment mes personnages agissent à chaque instant par rapport au monde qui les entoure? » Voilà une question qui devrait être importante pour tout film de super-héros (pour tous les films narratifs en fait, mais particulièrement pour nos super-héros) puisque ceux-ci représentent une certaine idée de la justice, du Bien, étant tous définis par une éthique particulière dont ils sont le symbole. Et justement, une éthique ne peut pas être établie le temps d’une scène, elle doit être présente dans chaque geste du personnage, être réfléchie par le film dans chaque image. Il n’y a rien de ponctuel dans une éthique, elle ne peut se développer que dans le temps, et seulement par des gestes précis posés dans des situations particulières. Car qu’est-ce qu’une éthique? En gros, c’est une manière d’interagir avec le monde, ou plutôt, c’est ce qui sous-tend notre manière de voir et d’agir dans le monde et qui ne se révèle donc que dans nos gestes, nos mots. Mais comment mettre en scène une telle éthique si l’on n’a aucune considération envers le monde, si l’on ne se rappelle plus que les hommes doivent marcher pour se déplacer, et si l’on ne se rappelle plus de ce que l’on a fait une scène plus tôt?

Pensons au premier Captain America : le Capitaine est clairement au scénario un symbole rassembleur, un type plein de compassion, mais le cinéaste, Joe Johnston, ne met jamais en scène ces idées, qui en demeurent donc au stade d’idées, désincarnées. Il n’y a pas de consistance dans le comportement du personnage, quelques moments clés démontrent bien son altruisme (il protège ses camarades d’une grenade, sauve des soldats prisonniers, se sacrifie en conclusion), mais cela ne se reflète jamais dans des gestes plus quotidiens ou dans les scènes d’action proprement dites; Johnston a oublié de se demander, comme l’aurait fait McTiernan, comment devrait agir un homme altruiste et rassembleur dans une situation de combat. Répondons donc pour Johnston : il me semble qu’un tel homme devrait se préoccuper avant tout du sort des autres soldats, il devrait non seulement les mener au combat, mais surtout veiller sur eux. Alors pourquoi notre Capitaine se bat seul durant la presque totalité du film, isolé dans son plan? Pourquoi n’a-t-il jamais un regard envers les autres, pourquoi ne travaille-t-il pas en équipe? Même lorsque son meilleur ami meurt, comme ça, au détour d’une scène, on s’en fout un peu, et le Capitaine aussi, il le voit tomber dans le vide, il est triste un instant et il/on n’y repense plus pour le reste du film (heureusement c’est presque fini). Je ne pense pas qu’il y a plus d’une minute consacrée à présenter cette mort, et encore j’ai l’impression d’exagérer, mon souvenir me dit que c’était bien plus court.

De même, dans Winter Soldier, le Capitaine affronte ce diantre de soldat hivernal en pleine rue, de jour, mais il n’a jamais un regard pour tous les badauds qui se promènent normalement dans une grande ville. Il ne se préoccupe que d’une chose : sa propre survie, au diable le reste! En fait, il est possible qu’il n’y a même pas de badauds dans la scène, ma mémoire est vague, mais ça demeure un problème car il devrait y en avoir : s’il n’y en a pas, cela nous démontre encore que le film n’est pas intéressé par nous présenter une ville réelle, avec tout ce que cela implique de passants, de victimes collatérales (comme il y en avait, d’ailleurs, dans Avengers, là, les scènes d’action étaient conséquentes, pensées à la mesure des personnages, le Capitaine y guidait et inspirait les hommes tout en s’efforçant de les protéger). Ce premier affrontement entre le Capitaine et le Soldat pourrait avoir lieu dans n’importe quel autre lieu, un entrepôt vide, un désert de glace, une planète lointaine, un studio avec écrans verts – who fucking cares?

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Par comparaison, dans Predator, les personnages se développent à même les séquences d’action 1Rappelons cette citation de Bilge Ebiri à propos de Raiders of the Lost Ark, que je rapportais dans mon Méli-Mélo : « Spielberg uses action to explore and enhance his characters. » , il n’y a pas de discontinuité entre « voici le moment où je montre leur solidarité » par exemple et « voici le moment où ils se battent », car l’action met toujours en scène cette solidarité, ainsi déclinée différemment de scène en scène : dès l’introduction il y a cette poignée de mains insistante (horrifiante de virilité stéroïdée!), le bavardage amical entre soldats dans l’avion (ou leurs nombreux échanges par la suite), puis l’assaut du poste militaire montre les hommes travailler en équipe, et quand la menace invisible se fait sentir, Dutch a toujours un regard protecteur envers ses frères de combat, il ressent leur perte, les écoute apporter leurs points de vue distincts, etc. (d’ailleurs, si j’avais à choisir un homme à mettre à la tête de mes soldats, je prendrais Dutch avant le Capitaine sans hésiter!) Ainsi, la solidarité n’est pas seulement dite, nous pouvons également la voir dans les gestes des personnages, leurs interactions et elle informe la mise en scène (les hommes sont souvent cadrés par pairs, ceux qui meurent sont toujours ceux qui sont isolés). De plus, dans ses réactions à la situation, dans sa manière d’affronter la menace, Dutch se révèle comme ingénieux (les pièges qu’il prépare) et intuitif (il déduit la nature du Prédateur d’après quelques indices) – on comprend qui est Dutch en le voyant en action. Les scènes d’action ne créent donc pas de temps mort dans le récit, qui serait suspendu jusqu’à ce que les coups de feu cessent, elles servent toujours à définir les personnages et à poursuivre le parallèle symbolique entre le Prédateur et les Hommes; bref, toutes les idées du film sont incarnées dans l’action, mises en scène à travers les personnages, les cadrages, la violence, etc. Et pourrait-on imaginer ce film ailleurs que dans la jungle?

Pour être précis : quand je parle de cette indifférence au lieu, je ne fais pas référence à la vraisemblance narrative (bien sûr que Winter Soldier ne peut pas se dérouler ailleurs qu’à Washington puisque c’est là que se trouve le gouvernement; bien sûr que l’armée américaine ne fait pas d’opération de sauvetage à Boucherville), mais bien à la mise en scène. Dutch utilise la jungle, la spécificité de son environnement pour combattre le Prédateur, mais les coups de feu et les coups de poings que s’échangent le Capitaine et le Soldat ne sont pas ancrés dans le lieu. Oui, ils se cachent un peu derrière des voitures, mais pourquoi pas une table ou un rocher? On pourrait imaginer exactement la même scène en remplaçant l’arrière-plan que ça n’y changerait rien. Le lieu est immatériel, indifférent à l’action, comme si les chorégraphies étaient conçues pour un espace vide et qu’on les implantait par après sans les adapter au lieu, sans ce soucier non plus de la personnalité ou de l’état émotionnel des combattants (nous sommes loin en crisse des films des Shaw Brothers!)

On retrouve un même schématisme dans l’opposition au vilain : dans le premier film, le bonhomme rouge (Hugo Weaving) dit au Capitaine « tu ne vois pas que nous sommes pareils, nous venons de la même place, etc. », un discours cliché tentant d’établir un parallèle entre le héros et le méchant, mais il n’y a rien dans le film qui illustre d’une quelconque façon cette idée, ni les gestes des personnages, ni la mise en scène de Johnston (il filme tout de la même façon). Ce discours survient d’ailleurs à la fin d’une séquence d’action, après l’action proprement dite, c’est-à-dire que Johnston doit arrêter le combat pour laisser le temps à son personnage de glisser quelques mots avant de reprendre l’action : il y a une complète déconnexion entre ce qui est dit et ce qui est montré, les mots ne se reflètent jamais dans les gestes et vice-versa, comme si chaque moment était conçu comme un vase clos, un instant refermé sur lui-même, alors rien ne peut se développer dans le temps (au contraire, par exemple, de la cigarette de Universal Soldier).

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Ce présent perpétuel rend aussi le « conflit » central des plus insignifiants (dans le premier Captain America) : le montage en parallèle entre le Capitaine et Hydra ne bâtit aucune tension, les deux trames étant trop indifférentes l’une par rapport à l’autre, sans interaction. En fait, le Capitaine ne soupçonne pas l’existence de son némésis avant leur première rencontre au milieu du film et après il décide de l’affronter parce qu’il faut bien le faire, mais il ne se préoccupe jamais de l’identité de son ennemi, de sa spécificité, son altérité. Qu’on se rappelle Predator, Dutch qui doit apprendre à connaître son ennemi, à comprendre comment il se déplace, à imaginer un plan pour le déjouer. Rien de cela pour le Capitaine, qui ne se demande jamais qui est son ennemi, ni comment il pourrait l’affronter : il voit une carte, par hasard, dans un bureau, indiquant où se trouve tous les camps ennemis, alors il les attaque un à un dans un segment de montage réduisant chaque assaut à une ou deux actions « héroïques » (difficile d’en juger tant il n’y a aucun contexte à ce que l’on voit), jusqu’à ce qu’il attaque la base centrale, de la manière la plus inventive qui soit, en passant par la porte d’entrée en moto! Il n’y a rien pour nous préparer à cette scène, pour nous faire désirer cet affrontement (outre que c’est platte en crisse pis qu’on a hâte que ça finisse), les choses surviennent et c’est tout (d’ailleurs, le combat final commence de façon aussi brusque qu’arbitraire). Alors pourquoi a-t-on choisi Red Skull comme ennemi? Qu’est-ce qu’il nous dit sur le Capitaine? Qui est Red Skull? Quelles idées pourrions-nous tirer de leur affrontement?

Je ne saurais trop dire, la seule idée proposée par le film n’existe que dans des mots vides de sens, sans lien avec ce qui se trouve à l’écran, et le Capitaine n’a aucun engagement personnel envers Red Skull, peut-être un fond de vengeance, mais c’est vague – alors comment pourrais-je, moi, m’intéresser au film si même son personnage principal n’y démontre aucun engagement consistant, soutenu, réfléchi? Dutch, lui, c’est plus clair, il veut venger ses confrères – évidemment puisqu’il est solidaire, une qualité, développée tout du long, qui justifie le duel final, le choix de Dutch de rester derrière même s’il pourrait se sauver en hélicoptère. Je souligne pour insister sur la logique du film, la cohérence de sa structure : nous attendons avec exaltation le duel parce que la scène est préparée par tout ce qui précède, parce que tout le film mène là, autant du point de vue de la vraisemblance narrative, psychologique (la solidarité justifie le sentiment de deuil, le désir de vengeance) qu’au point de vue du discours sur l’Homme (comme je disais la dernière fois, l’Homme comme communauté opposée au Prédateur solitaire, la régression de Dutch à la bête devenant Prédateur à son tour, à mesure que ses hommes meurent, qu’il se retrouve seul, donc hors de sa communauté).

De plus, les actions de Dutch sont mises en parallèle avec celles du Prédateur comme Johnston aimerait bien le faire entre le Capitaine et Red Skull, mais dans Predator cela passe uniquement par l’action, la mise en scène, pas besoin de discours (quoiqu’il pourrait en avoir un, ce serait justifié puisque la mise en scène brasse déjà ces idées, c’est-à-dire que ce ne sont pas les mots eux-mêmes le problème dans Captain America, mais bien le fait qu’ils ne trouvent pas écho à l’image). Tout cela sera d’ailleurs complexifié dans Die Hard, John McClane y devenant pour l’essentiel le prédateur, la créature invisible, imprévue, anonyme (pour les voleurs), qui dérange les plans d’une communauté, et le montage en parallèle nous fait partager autant le point de vue du héros que celui de ses ennemis (on souhaite que McClane survive, mais on savoure aussi la victoire des voleurs quand ils réussissent à ouvrir le coffre-fort; nous partageons autant les questionnements des voleurs que ceux de McClane, qui tous deux tentent de prévoir les mouvements de l’autre, et nous avec eux). Par contraste, dans le premier Captain America, le montage en parallèle indifférent ne nous permet pas de nous demander comment le Capitaine va déjouer Hydra, ni comment cette organisation va réagir à la présence du super-héros : on ne se demande rien du tout, on regarde et c’est tout.

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Dans Winter Soldier, le point de vue du film est plus maîtrisé, on peut penser avec le Capitaine, se demander comme lui dans quelle sorte de conspiration il s’est fait piégé, mais ça demeure peu développé puisque toutes les réponses lui sont données : il n’a pas d’enquête à faire par exemple, il n’a qu’à suivre ce qui est écrit sur la clé USB léguée par Fury (et décodée par Romanoff), se retrouvant alors devant un super-ordinateur qui lui expliquera tout ce qu’il y a à savoir sur cette conspiration, après quoi il attaquera les héliporteurs en suivant les instructions de Fury. Le Capitaine n’a jamais besoin de penser alors nous non plus, on fait comme lui, on attend qu’un personnage arrive avec les informations pour nous diriger vers le prochain « retournement » de scénario. Que sont Fury et Romanoff dans Winter Soldier sinon des outils servant à donner au Capitaine tout ce qu’il lui faut pour assurer sa Toute-Puissance? (On ne parlera même pas de son allié Noir, un faire-valoir déplorable.) Il est gras dur, comme on dit, pas besoin de bouger, le monde va se plier pour lui apporter ce dont il a besoin.

Quel super-héros inspirant, tout de même! Inactif, sans volonté et qui n’a jamais besoin de penser! Je veux dire : est-ce que le Capitaine doit cerner ou déjouer ses ennemis, essayer de les comprendre? Non, il voit des hommes avec des fusils, il leur donne des coups de poing. Dans Winter Soldier, on se demande quelques instants qui est le mystérieux Soldat, mais le Capitaine n’a pas besoin de penser par lui-même pour découvrir son identité, elle lui sera révélée, masque arraché, et après (comme avant), il suffit de lui donner des coups de poings (les combats contre Red Skull, Georges St-Pierre et le Soldat sont interchangeables, indistincts, sauf peut-être le dernier de Winter Soldier, plus désespéré). Est-ce que le Capitaine doit maîtriser un espace, une jungle, un piège de cristal ou quoique ce soit? Non, en l’espace de cinq minutes il a parcouru toute l’Europe et détruit une dizaine de camps Hydra, sans qu’on sache vraiment comment il s’y est pris. La dernière scène de Winter Soldier est plus réussie, on sent mieux ces héliporteurs, le combat en altitude, mais le Capitaine n’a pas vraiment besoin de maîtriser l’espace non plus, il passe d’un héliporteur à l’autre sans trop y penser, sans avoir à se préparer (tout comme le film n’a rien préparé, on nous lance la scène à la figure parce que c’est le temps de boucler le scénario).

La conspiration au centre du film, tout aussi abstraite que l’altruisme du Capitaine ou le parallèle avec Red Skull, ne nécessite pas plus d’effort de pensée ou d’engagement actif. Winter Soldier se veut une référence au cinéma politique des années 70, ce qui semble-t-il a allumé bien des critiques qui n’ont probablement pas vu de films des années 70 depuis les années 70, car franchement rien ne saurait être plus éloigné des journalistes de All the President’s Men que notre Capitaine : faut-il rappeler qu’il y a une véritable enquête dans le classique d’Alan J. Pakula, que Woodward et Bernstein ne font pas que suivre les instructions de témoins qui viennent à eux, que « Deep Throat »ne révèle pas l’ensemble de la conspiration en un monologue explicatif, qu’au contraire cet informateur ne fait que donner une piste (follow the money) et que pour le reste nos héros ont besoin de penser, de déchiffrer, et nous avec eux? Non seulement cela, mais nos journalistes tout en chair et en os (parcourant une ville toute aussi matérielle) ne se contentent pas de dénicher une conspiration, ils ont besoin de savoir aussi comment elle a été possible, comment elle a pris place, nous savons qui est impliqué, qu’est-ce qu’il a fait, quels gestes précisément ont été posés, dans quel but, etc. C’est-à-dire que le Watergate est une conspiration à hauteur d’homme, orchestré par des hommes et dévoilé par d’autres hommes, alors que dans Winter Soldier la conspiration n’a rien d’aussi concret, elle n’a pas de forme précise, il suffit de savoir qu’il y en a une, de conspiration, pas besoin de penser pour la découvrir, pas besoin de penser non plus pour la comprendre et n’essayons surtout pas définir comment elle se manifeste. Il n’y a que l’idée d’une conspiration, son image, il n’y a rien de développé, on dit « conspiration » et le tour est joué (tout ce que Winter Soldier a retenu de ce cinéma 70’s, au fond, c’est Robert Redford, et encore, il n’y a que son image). Alors même si je voulais agir contre cette conspiration je ne le pourrais pas, tout simplement parce qu’elle est trop abstraite, sans réelle existence, je ne saurais pas comment m’y prendre. 2Cette conspiration ressemble d’ailleurs au Sons of Patriot des Metal Gear Solid, excepté que dans les jeux de Kojima cette dématérialisation est assumée et ses conséquences développées, c’est même ce qui fait son intérêt, mais dans Winter Soldier il y a des hommes derrière Hydra, il devrait donc être possible de savoir comment ils contrôlent l’histoire, comment ils se sont implantés, mais le film ne se préoccupe jamais de questions aussi matérielles – et quand il le fait, le résultat n’est que parfaitement ridicule, ça donne une organisation secrète dont les membres se promènent affublés d’un macaron distinctif dans l’institution même qu’ils sont supposés infiltrer…

Tout le film nous confine ainsi au cynisme, à l’inaction : je n’ai pas envie de réagir à cette conspiration tant je me sens dépassé par l’ampleur de celle-ci, elle qui s’étend sur toute la surface du globe et prend ses racines dans la Deuxième Guerre mondiale pour ensuite contrôler le cours de l’histoire par des manipulations secrètes. Qu’est-ce que je peux faire contre ça, moi, un simple homme? Même Captain America n’y arrive pas, il n’a qu’une victoire temporaire, pratiquement illusoire! Je ne pourrais pas faire grand-chose, non plus, contre un Prédateur, je n’ai pas le physique du Governator, mais c’est au moins dans le domaine du possible, ou du moins je peux concevoir comment un autre homme que moi pourrait vaincre cet extra-terrestre. Je ne vois pas, par contre, comment je ferais pour combattre le Soldat Hivernal et faire couler trois héliporteurs en plein vol, ni même ce que je pourrais faire contre Hydra. Je ne pourrais même pas faire une action locale contre eux, comme par exemple je peux concevoir comment poser un acte de résistance contre des Nazis envahissant mon pays, puisque je ne sais pas comment cette organisation se manifeste : à quoi, à qui, exactement, dois-je résister?

On pourrait m’objecter ceci : oui, mais le Capitaine est effectivement dépassé par les événements, il vient d’une autre époque, il représente une Amérique révolue et il se retrouve dans une Amérique moderne qu’il ne reconnaît plus, qui lui semble bien éloignée des idéaux qu’il défend. On se rappelle qu’il provient des années 40, d’un temps où les Méchants étaient clairement identifiés par leur croix gammée et il se retrouve aujourd’hui à faire face à des Méchants qui font partie de sa gang, qui se dissimulent en membres du gouvernement américain. L’horreur! C’est la fonction symbolique de Robert Redford dans ce film : lui, le Woodward de All the President’s Men, le Joseph Turner de Three Days of the Condor ne peut plus défendre ces valeurs qu’il incarnait dans les années 70, même lui a été corrompu par l’ère moderne. À qui peut-on avoir confiance alors? Que vaut l’Amérique si même Redford ne peut plus nous protéger de ses manigances, pire même, il est maintenant derrière elles?

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Il y a quelque chose comme un Grand Film qui se terre dans cette opposition entre l’Amérique qu’incarne Captain America (pas nécessairement celle des années 40, mais une Amérique idéale) et celle d’aujourd’hui, représentée, elle, par un négatif de Redford. Le problème, c’est que ce Grand Film potentiel nécessiterait que le Capitaine affirme d’une quelconque façon, par ses actes, cette Amérique qu’il défend (dans l’état, on n’a qu’un symbole contre un symbole, une image contre une image). Même s’il est dépassé par les événements, il devrait avoir en lui une croyance, une foi en une Amérique possible, mais il n’y a rien de cela, il ne propose pas de modèle d’une nouvelle Amérique, plus juste. Il déjoue peut-être les plans de Redford, mais il ne propose pas d’alternative, alors on n’a qu’un sentiment de stagnation, de futilité (la comparaison peut sembler hasardeuse, mais mon texte sur the Immigrant montre bien comment un cinéaste peut proposer une Amérique possible, meilleure). Au fond, Winter Soldier ne fait que constater passivement la faillite de l’Amérique contemporaine. Sauf, bien sûr, au niveau culturel : le Capitaine ne démontre aucune curiosité envers ce nouveau monde qu’il habite, mais il a sa liste de produits culturels “essentiels” qu’il doit consommer pour comprendre l’humour référentiel des films dans lesquels il joue. Comme dans Avengers, le monde tourne mal, mais heureusement Hollywood est là pour nous sauver, ou au minimum la culture peut nous divertir en attendant le désastre.

Et c’est par cette inaction à laquelle ils me réduisent que les super-héros deviennent un symbole du cinéma hollywoodien actuel : les super-héros travaillent pour nous, les hommes, nous leur avons légué nos responsabilités, nous n’avons rien à faire, nous ne pouvons rien faire, ils font face à des problèmes trop gros pour nous (une invasion extra-terrestre! une armée de robots! des Dieux! d’autres super-héros!) C’était explicite dans Avengers, comme j’en avais parlé dans ma critique de Lego Movie : pour sauver le monde il faut former une communauté, mais pas une communauté humaine, ce serait insuffisant. Les hommes s’agenouillent devant Loki, notre position naturelle nous dit-il, discours que tout le film confirme : quand un homme ose se lever malgré tout, il faut que Captain America le protège pour éviter qu’il soit pulvérisé, tout comme les hommes dans la séquence finale ne peuvent rien faire par eux-mêmes, le seul autre homme (Agent Coulson) se dressant contre Loki meurt aussitôt. Le film me dit clairement que l’espèce humaine ne peut rien faire devant une telle menace, alors je ne peux être que spectateur, c’est le seul rôle que le film me réserve, à tout points de vue : je ne peux pas penser avec les super-héros, ces problèmes ne sont pas pour moi et de toute façon même les personnages ne font que réagir, jamais ils ne pensent; je ne peux pas, non plus, essayer de comprendre l’espace pour tenter de prévoir comment ces super-héros pourraient affronter leurs ennemis, il n’y a pas d’espace construit, alors je vois des personnages se mouvant d’une image à l’autre sans souci de cohérence, sans jamais croire qu’ils se déplacent dans un monde consistant; je ne peux donc pas m’engager d’aucune façon dans ces films qui rejettent ma présence par tous les moyens, mon regard se heurtant à des images planes montrant des surhommes qui me signalent mon insignifiance. Je ne peux qu’admirer des exploits, de loin, et encore, comme ces personnages ne se déplacent pas dans un monde, difficiles de vraiment y voir un « exploit ». Ce n’est qu’une image, juste un film, un présent perpétuel, alors tout est possible, rien n’aura de conséquence – who fucking cares, indeed.

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Bien sûr, tout cela est un parfait reflet de notre époque, je me sens aussi dépassé par les événements d’un film de super-héros que je le suis, assis dans mon salon, quand je regarde les nouvelles et que je vois des tours s’effondrer. Les super-héros servent de faux remède à notre cynisme paralysant : on ne peut plus agir aujourd’hui, tout a déjà été fait, il n’y a plus de place pour l’innovation, vaut mieux recycler et tourner en rond; de plus, on est bombardé d’informations sur ce qui se passe un peu partout dans le monde alors on a l’impression qu’aucune de nos actions ne peut avoir d’effet, le monde est trop vaste, trop complexe, et notre action individuelle trop futile, alors on se sent dépassé, inutile, etc. Les super-héros viennent dire, non, il y a encore quelque chose à faire, mais ce n’est pas toi, ni ton voisin, ni aucun homme qui peut le faire. Malgré leurs allures de sauveurs, leur humour, malgré qu’ils disent travailler pour nous, pour nous aider, ils nous renfoncent dans notre cynisme. Il n’y a rien à faire, le monde court à sa perte, on ne peut pas échapper au capitalisme et au consumérisme parce que nous n’avons plus de modèle qui pourrait s’y substituer (plus personne ne croit au communisme) et le tout ne peut finir que par une implosion violente du système, alors on ne peut que regarder, bien assis, et voir le monde s’anéantir peu à peu, film après film; c’est la Chute de l’Homme. Le monde s’autodétruit, on le sait, mais on s’en câlisse parce qu’il n’y a rien à faire. Il nous faut des super-héros pour rêver à une issue (tout en sachant très bien qu’il ne s’agit que d’un rêve). Les super-héros ne sont jamais là pour m’inspirer et m’aider à agir en me modelant sur eux, comme ils le devraient, ils ne sont là que pour m’offrir une protection illusoire contre des trucs qui me dépassent, pour me divertir en attendant que le monde meurt.

Bref, il serait temps qu’on réapprenne à marcher, c’est plus sain pour le corps et l’esprit.

 

Notes   [ + ]

Sylvain Lavallée Écrit par :

“Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » – pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins – et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire.” Serge Daney

12 Comments

  1. Martin Beaulieu
    18 juin 2014
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    J’attendais votre analyse finale sur le Winter Soldier avec impatience. J’aime beaucoup votre analogie de l’écran vert (donc plat) qui semble parallèlement aplanir les personnages. Mais comme vous, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un problème technologique, mais d’une tendance plus lourde.

    D’entrée de jeu, je vais me positionner. J’ai adoré le film, je suis un fan de comic book et le Captain America est l’un de mes super-héros préféré. Une fois cette clarification faite, je vais tenter d’avoir un propos un peu détaché du film. D’abord, je suis parfaitement d’accord avec vous sur les trois principales failles du film : 1) l’enquête qui n’en est pas une, car toutes les informations sont révélées d’un coup, 2) la sous-utilisation de Robert Redford et 3) l’absence de victime collatérale.

    Pour ma part, les deux premiers points sont des lacunes de scénarios. Ma compréhension du rôle du réalisateur est de donner un angle au scénario qu’il a entre les mains. Je crois comprendre qu’il peut couper des scènes ou des portions de dialogues, inverser des éléments, mais sans être crédité comme scénariste, je crois comprendre qu’à Hollywood la marge de manœuvre du réalisateur est limitée (je voyais récemment qu’un de vos premiers textes abordait cet aspect). Je sais qu’un bon réalisateur pourra transcender un scénario, l’amener à une autre dimension, mais cela passera par la mise en scène, le jeu des comédiens, les angles de caméra, le montage, mais le réalisateur ne pourra inventer des scènes qui ne se trouvent pas dans le scénario. Je suis de votre avis que le film idéal aurait dû impliquer une confrontation directe (psychologique) entre Redford et le Captain America, mais cette scène n’a pas été écrite, difficile à mon avis de le reprocher au réalisateur.

    Pour ce qui est du peu de considération pour l’environnement et, j’entre dans cette catégorie, l’inconsistance psychologique que vous dénonciez dans un billet précédent, et bien je dirai que ce n’est pas un problème propre au film d’action (ou de super-héros), mais peut-être un mal généralisé à Hollywood. Lors du visionnement en salle de Minority Report, je me rappelle avoir sourcillé lorsque j’ai vu Tom Cruise consommer des médicaments. Je me suis dit : « Ah, le personnage n’est pas lisse, il a des problèmes. » Mais plus jamais dans le film, on ne revient sur ce problème possible de dépendance. On parle tout de même de Steven Spielberg à la réalisation. Comme d’autres l’ont écrit avant moi, Hollywood est tellement intéressé par un public jeune qu’il ne faut pas trop choquer/faire réfléchir ce même public par les conséquences de la violence, une continuité psychologique ou des dilemmes moraux.

    Mais dans ce cas, si je suis d’accord avec vous sur plusieurs points, pourquoi ai-je adoré Captain America :The Winter Soldier (CATWS) ? Comme je l’écrivais dans la conclusion de l’une mes répliques, je vois le verre à moitié (et peut-être au trois-quart) plein. Malgré mes commentaires précédents, le scénario ne contient pas de carences majeures : scènes inutiles, long détour pour revenir à une destination que nous aurions pu trouver autrement (revoir mon commentaire sur le dernier Mission Impossible). Dans un premier billet, vous disiez que dans les films d’actions d’aujourd’hui on ne sent plus les coups, les os se briser. J’ai vu deux fois CATWS, et chaque fois, les scènes de combat m’ont fait sautiller de plaisir sur mon fauteuil, j’avais mal pour les protagonistes. Autre qualité, les personnages féminins sont forts : il n’y pas de demoiselle en détresse attachée à la voix ferrée. Black Widow a une épaisseur psychologique, elle n’est pas juste fonctionnelle. Sebastian Shaw joue un Winter Soldier avec conviction même si le matériel est mince. Le méchant appuie ses motivations sur des considérations concrètes et non parce qu’il est intrinsèquement méchant. Aussi, il y a quelque chose de presque subversif dans l’emploi de Robert Redford, l’acteur connu ouvertement pour ses convictions de gauche à qui on demande de jouer le rôle d’un néo-nazi. Aussi, physiquement Redford est le double âgé de Steve Rodgers (Captain America) et une autre analyse sur le web notait que lors de leur rencontre on avait contrasté le choix des couleurs de leurs vêtements avec celui de leurs yeux (une jolie idée).

    Naturellement, chaque ingrédient ne fait pas automatique une bonne recette. De mon jugement de profane, je considère la mise en scène des frères Russo bien réussi sans être époustouflantes. Les scènes de combat sont bien filmées (lisibles), dans les scènes d’exposition, les comédiens occupent l’espace sans entre prisonniers inévitablement du champ contre champ. Est-ce que j’ai vu un chef-d’œuvre? Non, naturellement! Mais j’ai vu un film plein de qualités qui le mettaient nettement très en haut de la moyenne des films du même genre. Est-ce que la moyenne a baissé? Voilà une bonne question! Mais dans l’état actuel du cinéma, CATWS est un bon investissement. Il faudra voir dans trois ou quatre ans quel jugement je porterai.

    • Sylvain Lavallée
      19 juin 2014
      Reply

      J’aurais tendance à dire le contraire: le scénario est intéressant, malgré certaines faiblesses, et c’est surtout la mise en scène (ou l’absence de) qui pose problème. Tout est filmé très rapidement, les scènes s’enchaînent les unes avec les autres sans jamais prendre le temps d’installer rien, ni dans l’espace, ni dans le temps. Je ne sais pas pour les comédiens qui occupent l’espace, je n’ai pas eu cette impression, mais vous créez un doute (je vais peut-être réécouter à la maison, j’ai pris tant de temps à écrire ce texte que j’ai oublié des idées qui m’étaient venues pendant la projection et que j’ai fini par oublier: maintenant, je prends des notes!) Il me semble plutôt que les scènes étaient indifférenciables.

      Pour la lisibilité des scènes d’action, je suis plus ou moins d’accord: elles sont plus lisibles que le film moyen utilisant une shakycam frénétique, mais ce n’est pas non plus limpide, il y a (pas toujours mais souvent) un certains laps pour déchiffrer l’action. Il faut dire que la lisibilité de l’action est une donnée pour le moins subjective: je serais surpris si quelqu’un me disait qu’il n’a rien compris à la scène du convoi à la fin du premier Indy, mais je ne peux pas non plus vraiment savoir ce qu’il a vu ou non. Si lui se plaint que ce n’est pas clair, je ne peux pas lui prêter mes yeux pour lui faire voir ce que j’ai vu! Plusieurs se plaignent de l’action dans les Transformers, mais pour moi c’est toujours parfaitement clair, et l’un des meilleurs exemples contemporains de scènes d’action réussies. Bref, je ne peux que parler de ma propre expérience, et tenter de définir pourquoi je ne comprends pas telle ou telle scène, mais si vous vous l’avez bien comprise, ça ne risque pas de vous convaincre!

      Avoir mal avec les protagonistes, par contre, ce n’est pas quelque chose que je peux faire avec un film de super-héros (sauf peut-être le Spiderman de Raimi): pour avoir mal, il faut que je le cinéaste me montre que pour lui l’homme est important et que la mort a un sens. Dans Die Hard (toujours le même exemple!), l’action découle de la cervelle éclatée du dirigeant japonais, une violence que l’on ressent fortement par les yeux de McClane, qui semble traumatisé, au moins un instant, par la froideur brute de cet assassinat. Son premier combat avec le grand blond est long, ce n’est pas facile tuer quelqu’un, McClane doit reprendre son souffle: même si le film nous fait prendre plaisir à la violence, on sent toujours qu’il y a un enjeu, que la mort n’a rien de bien jojo.

      Dans CATWS, le combat à couteau est long par exemple, mais l’action est plus abstraite, il y a un certain plaisir dans la chorégraphie des mouvements, mais je ne peux jamais croire que le Capitaine ou le Soldat peuvent avoir mal d’une quelconque façon. Jamais le cinéaste me fait sentir qu’il s’intéresse à l’homme, que la mort n’est pas qu’un jeu pour me distraire.

      C’est plus ou moins ce qui se passe quand on veut faire de l’action pour grand public plutôt que pour adultes avertis: personnellement, je trouve ça terrifiant de penser qu’un truc comme Pirates des Caraibes est pensé pour des enfants. C’est violent en crisse, ces films, mais on ne le ressent jamais parce que la violence est trop désincarnée. Même chose pour les super-héros, qui cherchent aussi le plus grand public, la violence n’a pas de poids pour ne pas traumatiser les plus jeunes, mais c’est la pire manière de présenter la violence, en faire un pur objet esthétique (ça, c’est le legs terrible de Spielberg/Lucas).

      Enfin, c’est un autre sujet, mais tout ça pour dire que je ne peux pas ressentir les coups dans un tel contexte, parce que la violence ne veut rien dire, ne renvoie à rien d’autre qu’un plaisir esthétique (et ce n’est pas un problème que pour les films classés Général, c’est aussi ce qui m’a déplu dans les deux the Raid, des chorégraphies aussi spectaculaires que vides parce que le cinéaste exprime constamment son dégoût de l’homme et fait du corps un simple objet esthétique).

      Je dirais pour finir que je ne cherche pas tant à comparer les films d’un point de vue qualitatif: pour moi, le cinéma d’action des années 80 est supérieur à ce qui se fait aujourd’hui, mais qu’on soit d’accord ou non avec cette baisse de qualité m’importe peu. Je veux surtout attirer l’attention sur la manière différente qu’ont les cinéastes d’aujourd’hui d’approcher le cinéma, ce qui me semble plus indéniable. Après, je vois bien ce qu’il peut y avoir d’intéressant dans ce qui sort de chez Marvel (les gars à Panorama-Cinéma en font souvent de bonnes analyses), mais je préfère un cinéma plus ancré dans l’homme.

      • Martin Beaulieu
        19 juin 2014
        Reply

        Votre réponse est très intéressante, car, a priori, nous aimons les films d’action, mais de toute évidence, les “prises” qui vont nous faire apprécier ou non un même genre sont fort différentes. En l’écrivant, cette évidence ne l’est pas tant que cela, puisque plusieurs répètent que ce genre est très limité.

        • Sylvain Lavallée
          19 juin 2014
          Reply

          En tout cas, s’il y a une chose que j’espère pouvoir démontrer par ces textes, c’est que ce genre n’a rien de limité!

  2. Frédérik
    22 juin 2014
    Reply

    H.S.: Êtes-vous allé voir le dernier David Michôd, The Rover? Qu’en avez-vous pensé?

    • Sylvain Lavallée
      22 juin 2014
      Reply

      Non, pas encore vu. Je n’avais pas beaucoup aimé son précédent, je ne me rappelle pas trop pourquoi d’ailleurs (vague souvenir qu’il méprisait tout le monde, ou d’une vision assez dégueulasse de l’homme comme un simple animal meurtrier) alors je ne suis pas trop pressé, surtout qu’il y a un Eastwood et un Polanski en même temps. Je vous dirai si j’y vais (ou vous pouvez essayer de me convaincre d’y aller au plus sacrant, sait-on jamais!)

      • Frédérik
        22 juin 2014
        Reply

        Au contraire, ce n’est pas moi qui vous convaincrai d’y aller! J’avais bien aimé son 1er, Animal Kingdom, la façon qu’il disséquait l’alvéole familiale comme institution hiérarchique et autoritaire. Son 2e est plus ou moins une grosse daube niaiseuse. En fait, je comptais sur vous pour me convaincre du contraire, et me rassurer sur mon appréciation du 1er! 😉

      • John
        23 juin 2014
        Reply

        Est-ce que vous allez écrire sur le dernier Tom Cruise? De loin, le meilleur blockbuster de l’été!

        • Sylvain Lavallée
          23 juin 2014
          Reply

          Oh oui, je suis en train de travailler sur mon texte (qui porte plus sur Cruise que sur le film par contre), mais mon écriture prend du retard pour des raisons qui s’expliqueront bientôt. Par contre, je n’ai pas du tout, mais alors là pas du tout aimé ce film! Pour à peu près toutes les raisons énumérées dans l’article ci-haut (et d’autres, concernant Cruise). À venir…

          • John
            23 juin 2014

            Super, j’ai hâte de connaître votre point de vue.

  3. Frédéric L.
    25 juin 2014
    Reply

    J’ai pris un immense plaisir à lire votre série. Je me souviens avoir été vaguement choqué par l’inconsistance extrême du contexte dans Captain America, le premier, symbolisée par la disparition pure et simple des nazis au beau milieu du film…

    Cela me donne vraiment le goût de revoir ces classiques que sont les Die Hard et de voir, pour une première fois, Predator…
    Merci!

    • Sylvain Lavallée
      25 juin 2014
      Reply

      Merci à vous!

      Et oui, Predator, c’est à voir. Parlant Die Hard, j’ai revu le deuxième, et c’est un peu moins recommendable, quoique ça demeure fort divertissant, mais le scénario est beaucoup moins complexe (le méchant est un straight-up méchant), la violence plus complaisante, et en retour notre investissement dans la fiction beaucoup moins grand (même si c’est mieux filmé que ce qui se fait aujourd’hui).

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