the Immigrant (2013), James Gray

Après avoir tant parlé d’éthique et de représentation, il était grand temps de trouver ce film qui pourrait enfin honorer cette vision d’un cinéma empreint de respect envers l’Homme. Que the Immigrant soit aussi un Grand Film sur l’Amérique (inc.) m’importe moins que ce bonheur de me retrouver devant un cinéaste respectueux des femmes et des hommes à l’écran – de toute façon, comme il se doit dans tout bon film hollywoodien, le discours repose entièrement sur les personnages, sur leurs actions, sans jamais les surdéterminer pour qu’ils remplissent adéquatement une quelconque « fonction » symbolique, comme si le Grand Film était déjà contenu dans ces femmes et ces hommes et qu’il suffisait, pour le cinéaste, de leur accorder une attention soutenue pour que cette vision de l’Amérique remonte à la surface. J’écris « suffisait » comme si cela allait de soi, mais il ne faut pas se laisser leurrer par l’apparente simplicité du style, le classicisme de cette mise en scène invisible issue de la grande tradition hollywoodienne : la force tranquille du cinéma américain a toujours été cette capacité d’offrir des images d’une limpidité extraordinaire, nous mettant en présence d’un monde qui semble parler par lui-même.

Une illusion, bien sûr, the Immigrant est bel et bien un film de James Gray, j’y reconnais sans peine sa patte, sa vision, ce film n’aurait pas pu être tourné par quelqu’un d’autre, encore moins par un mécanisme indifférent de reproduction du réel, ce monde n’appartient qu’à Gray, alors pourquoi cette impression de transparence, de « parler par lui-même »? Les conventions esthétiques jouent leur rôle, certes, mais il y a plus, elles ne suffisent pas à expliquer la prégnance de ce monde qui n’est pas le mien mais qui m’apparaît avec autant de force que s’il l’était (il emporte ma conviction dirait Bazin). Le cinéma met en présence, certes, mais il ne me met pas en présence du monde tel qu’il y avait devant la caméra au moment du tournage : le cinéma me met en présence d’Ewa et de Bruno, non de Marion Cotillard ou de Joaquin Phoenix, bien qu’Ewa et Bruno gardent pour l’essentiel les traits de leurs acteurs, qui leur prêtent quelque chose de leurs êtres (quelque chose : deux morceaux de robots, non tout un robot!, à celui qui peut déterminer qu’est-ce que l’acteur lègue de lui, exactement).

Like you’ve never seen it before!, voilà au fond le slogan publicitaire le plus honnête : je vois Marion Cotillard et Joaquin Phoenix comme je ne les avais jamais vus auparavant, je semble même redécouvrir l’Amérique, ce sujet apparemment inépuisable, sous la lumière dorée de Darius Khondji. Car le cinéma ne se contente pas de re-produire ce qu’il y avait sur un plateau de tournage, de re-présenter (présenter à nouveau) ce qui a déjà eu lieu, c’est-à-dire que le cinéma n’est justement pas qu’un appareil de reproduction technique indifférent, il y a toujours une opération alchimique indéfinissable de transmutation : le monde à l’écran n’appartient qu’au cinéma bien qu’il soit redevable de ce réel dont il garde la trace; je vois le monde comme jamais auparavant, comme je n’aurais pas pu le voir sans le cinéma. Plus exactement, je vois le monde par les yeux du cinéaste : je suis mis en présence d’un monde qui me semble neuf parce que ce ne sont pas mes yeux qui le perçoivent (enfin, ils le perçoivent aussi, mais ils perçoivent la perception d’un autre…)

(Je vous jure que tout ceci n’est pas qu’un long aparté!)

Juste un film : un film qui se contente de re-présenter, ou plutôt, un film qui croit que le cinéma ne fait que cela, re-présenter. Exit la subjectivité, le regard de l’artiste, l’humain, un cinéaste qui fait juste un film pense qu’il peut re-produire le monde tel qu’il est, en toute « objectivité ». Un tel cinéaste ne peut pas s’engager face à ce qu’il filme, au fond il pense que la caméra, avec son objectif si bien nommé, fait tout le travail pour lui. Alors qu’au contraire, un cinéaste qui ne fait pas juste un film, qui fait bel et bien du cinéma, démontre un engagement constant envers le monde devant sa caméra, autant envers les acteurs qu’envers les personnages qu’ils interprètent. Envers les acteurs, parce que ceux-ci confient leurs corps au cinéaste afin que celui-ci révèle ce « quelque chose » énigmatique à propos d’eux (à condition, bien sûr, que l’acteur aussi s’engage dans l’acte artistique, qu’il ne pense pas jouer dans juste un film), alors il convient de ne pas les humilier ou les mépriser à l’écran, une image d’eux qui serait gravée à perpétuité sur pellicule; envers les personnages, parce qu’eux aussi sont des êtres vivants, et s’ils me sont rendus présents au moment de la projection, ils le sont par le regard du cinéaste, alors il se doit de ne pas les rabaisser par son regard, d’autant moins que je n’ai pas particulièrement envie de partager le mépris d’autrui, de teinter mon regard de ce sentiment et de peut-être l’apporter avec moi au quotidien. Car la force de l’art est de me faire voir le monde autrement, pas seulement le temps de la projection, mais surtout en transportant ce nouveau regard en dehors de celle-ci, ce que même un mauvais film pourrait accomplir, même juste un film le pourrait, que le tâcheron derrière une telle œuvre le veuille ou non, que je le veuille ou non (l’impact d’une œuvre sur un spectateur demeure un phénomène des plus mystérieux, touchant autant l’inconscient que le conscient), alors vaut mieux ne pas risquer de teinter le regard des spectateurs de mépris envers le monde…

the immigrant

Pour le dire de façon concrète (et en ne me gênant pas pour invoquer tous les spoilers dont j’ai besoin) : quand Ewa a honte de se prostituer pour réussir à survivre, Gray ne redouble pas l’humiliation de sa personnage en nous montrant cet acte à l’écran. Il ne la montrera pas, non plus, se dévêtir devant les spectateurs du Bandits’ Roost, ni nous ne la verrons subir un viol collectif. Pourquoi s’abaisserait-il à re-humilier Ewa devant nos yeux à nous, spectateurs à l’Excentris (et au fond devant l’équipe technique au moment du tournage)? Non seulement Gray n’a pas envie de participer, par son propre regard, à cette humiliation, mais moi de même, en tant que spectateur mis en présence d’un monde (et pas que d’une image), je préfère ne pas participer à ce spectacle (je ne veux pas humilier Ewa, avoir le choix je n’irais pas la voir au Bandits’ Roost). Respect du personnage, car si Ewa se prostituait de bon cœur, Gray se sentirait peut-être plus enclin à le montrer (d’ailleurs il montre d’autres filles se dénuder, qui elles semblent plus assumer la nature de leur travail avec Bruno). Peut-être qu’il serait possible de montrer tout en gardant une empathie envers la personnage, en tenant ainsi l’humiliation à l’écart, mais ce serait une tâche des plus difficiles (d’ailleurs, vite comme ça, je ne vois pas de film qui réussirait un tel exploit de mise en scène).

Respect aussi en ce que Gray filme bel et bien des Hommes, non des images, et en ce qu’il croit toujours en la valeur de l’homme même si le scénario pourrait tomber facilement dans le misérabilisme ou le fatalisme paralysant (j’avais déjà dit brièvement, dans un commentaire récent, ce que je pensais de ce mot de “fatalité” associé au cinéma de Gray). Les malheurs s’accumulent sur Ewa, vraie, elle n’a peut-être pas de contrôle sur ceux-ci, mais elle n’en perd pas pour autant sa liberté : le film nous fait bien sentir qu’elle a toujours le choix, qu’elle pourrait accepter de retourner en Pologne, qu’elle pourrait se sauver de Bruno, mais elle désire plus que tout rester près de sa sœur. Il y a donc une volonté qui anime ce personnage, une conviction qui justifie ses actions, elle ne se laisse pas entraîner malgré elle de malheur en malheur, et elle est toujours bien consciente des choix qu’elle pose (I don’t trust you) et de leurs conséquences possibles. Il suffit de comparer avec le segment mexicain de Babel, un des exemples les plus flagrants de misérabilisme épais, avec cette gardienne devant subir les mésaventures contrôlées par la main Toute-Puissante d’un scénariste sadique, qui lui en jette plein la figure sans oser lui faire don d’une volonté propre, elle n’est là que pour gémir et nous tirer des larmes. Rien d’aussi mécanique dans the Immigrant (ce qui n’empêche point les larmes de sortir, au contraire!), si les circonstances poussent Ewa à retourner auprès de Bruno pour gagner l’argent nécessaire pour retrouver sa sœur, il demeure clair qu’elle pourrait faire autrement et que ce n’est que par fidélité à elle-même, fidélité en ce à quoi elle croit, qu’elle agit ainsi.

Je ne suis pas certain, toutefois que Marion Cotillard a bien compris cette idée, son jeu trop lourd faisant d’elle une victime sacrificielle bien plus qu’une femme portée par une conviction. Sa force ressort souvent, quand le scénario le dicte sur le moment, mais j’ai l’impression qu’elle reste trop près du texte et en vient à oublier ce qui guide son personnage, comme si elle se laissait porter par les mots écrits, à la surface du texte, négligeant en cela sa liberté d’actrice, ce qui peut-être finit par ressortir dans Ewa. Ou en tout cas elle joue l’hésitation, le doute, le choix, de manière beaucoup moins convaincante que Joaquin Phoenix, toujours à son meilleur chez Gray, ici dans le rôle de Bruno, un proxénète manipulateur épris d’un amour qu’il ne peut avouer. Son jeu physique est des plus émouvants, alors qu’il passe de cet homme de belle tenue à l’allure affable à cet escroc recroquevillé et désespéré qui ne se révèlera bon que quand il ne croit plus l’être, un lent travail de révélation, son image sociale se fissurant peu à peu pour laisser paraître l’homme derrière, à mesure que sa silhouette s’effondre et se referme sur elle-même.

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Le Grand Film sur l’Amérique passe entre autres par ce Bruno, l’un des pôles incarnant à l’écran l’Amérique, l’autre étant son cousin, Orlando/Emil (Jeremy Renner), un illusionniste qui a le culot de faire un spectacle de magie devant de futurs déportés en leur promettant le rêve américain – ou peut-être devrait-on y voir de l’honnêteté, ce rêve n’étant que cela, un rêve, une illusion (l’Amérique promet de nous élever au-dessus de notre condition sociale, de léviter, mais il y a toujours un trucage, ce n’est qu’un show). L’Amérique, c’est la Liberté, dont nous voyons le plus fier symbole dès le plan d’ouverture, cette statue qui accueillait tous les immigrants rentrant par bateau en ce début de siècle, et qui s’éloigne déjà de nous, dans ce plan, par un zoom tranquille. Et la Liberté, c’est l’argent, l’argent qu’Ewa a besoin pour libérer sa sœur, et qu’elle ne peut obtenir, semble-t-il, qu’en se prostituant pour Bruno-le-manipulateur ou qu’en croyant sur parole Emil-l’illusionniste (un dilemme très fort d’ailleurs, au niveau psychologique, car il n’y a pas de réponse claire pour Ewa: Emil comme Bruno ont leurs torts, mais ils semblent aussi pouvoir remplir leurs promesses de s’améliorer – car il y a un espoir dans chaque homme, rien n’est perdu d’avance). L’Amérique c’est aussi la terre d’accueil, promesse à laquelle Ewa doit renoncer dès la première scène : elle n’y est pas bienvenue, elle se fait d’emblée refuser l’accès à ce home; comme elle le dira plus tard, elle n’a qu’une seule maison, sa sœur.

Le retour au foyer, au home¸ sinon sa recherche, est un thème on ne peut plus américain, mais pour Gray ce foyer ne correspond à aucun lieu, ni à une ville ou un État, ni à l’Amérique entière, ni même à un déplacement physique (sur la route). Ce home pour Ewa est toujours la Pologne, mais la Pologne telle qu’elle s’incarne dans sa famille, sa tante et surtout sa sœur. L’Amérique est une courtepointe dit-on souvent, c’est-à-dire un patchwork de tous ces home venus d’ailleurs. Il n’y a pas d’Amérique terre d’accueil, il n’y a que ce que l’on amène avec soi et qu’il faut tenter de conserver à tout prix, car au fond l’Amérique aimerait mieux nous l’arracher. Le drame, dans ces termes, ne peut être que familial : il faut réunir le frère avec le frère (We Own the Night), la sœur avec la sœur (the Immigrant), recherché par la police on risque quand même de visiter sa mère malade (the Yards). S’il y a bel et bien un patchwork américain, il n’existe que de peine et de misère, toujours sur le point de s’effilocher, et il résiste au temps grâce à la force des individus qui réussissent à y maintenir leur identité. L’Amérique, comme projet de société, n’est qu’une chimère malsaine, et au fond il n’y a pas plus américain que cette lutte d’Ewa pour résister à son appel : elle aurait pu abandonner sa sœur, s’enrichir avec Bruno et vivre dans la facticité de ce rêve, mais elle préfère demeurer elle-même, un choix qui, pour Gray, représente la véritable Amérique.

Quand Ewa, dans le spectacle mis en scène par Bruno, s’exhibe dans des haillons représentant cette Lady Liberty chère à l’identité américaine, Gray montre bien ce qu’il pense de cette Liberté promise par la Constitution, mais en s’attaquant à cette promesse de Liberté qui n’est au fond qu’un individualisme capitaliste (ne sera libre que celui qui a l’argent, n’aura l’argent que le manipulateur qui fait son profit en vendant le corps des autres), Gray lui substitue une vraie définition de la liberté, celle qui réside dans chaque femme et dans chaque homme (finalement, Ewa n’utilise pas l’argent de Bruno, mais celui que sa tante lui a donné dans un élan de bonté). Ewa n’a même pas les moyens de rêver au rêve américain, mais elle n’en demeure pas moins fondamentalement libre; à l’individualisme, Gray oppose un existentialisme. La liberté ne consiste pas à transcender sa classe sociale, à obtenir les moyens financiers de vivre sans restriction matérielle, mais bien à rester fidèle à soi-même, à ses croyances, à ses origines. Le rêve américain n’est plus un rêve de société, de réussite sociale, mais plutôt un rêve individuel, de réalisation de soi, ce qui ne peut se mesurer qu’en soi, non par le regard des Autres (et ce qui peut fonder une meilleure société, où l’Autre est vraiment considéré comme un égal, c’est-à-dire comme un Homme, puisqu’il n’est plus nécessaire d’écraser l’Autre pour s’élever au-dessus de la mêlée).

Dans le premier plan la statue de la Liberté s’éloigne de nous, dans le dernier c’est Ewa qui s’en va au loin : le film a substitué un symbole de liberté factice pour une incarnation d’une liberté vraie. D’ailleurs la statue s’éloigne par un mouvement mécanique de la caméra, un zoom, elle restera toujours immobile, figée dans ses promesses mortes, alors qu’Ewa s’éloigne par sa propre volonté, en ramant vers son avenir incertain. Elle est avec sa sœur, son home¸ perdues au milieu de la brume, dans un espace vide, abstrait (le home n’est pas un lieu disais-je), une victoire de sa liberté qu’elle a su affirmer malgré cette Liberté distordue qui a tenté de la lui arracher. Ewa laisse dans son sillage un Bruno tordu par la défaite, morale surtout, lui qui vivait du rêve américain, qui le faisait miroiter à ses femmes pour mieux les manipuler. Il se révèle en dernier ressort généreux, comme si c’était avant tout ce rêve américain qui l’avait dépouillé de sa bonté naturelle. Il fallait confronter Bruno au vide de ce rêve (qu’il a toujours su mais qu’il ne voulait pas reconnaître tant qu’il en profitait) pour qu’il puisse redevenir l’homme qu’il est vraiment – quoique trop tard, peut-être, pour reprendre sa vie en main avec cette liberté que lui a apprise Ewa. C’était d’ailleurs son dilemme : il ne pouvait aimer Ewa car elle était pour lui source de profit, un objet à utiliser à ses propres fins, mais on n’aime pas un objet (en tout cas pas du même amour!), on aime un être humain. Le rêve américain réduit l’Autre à un objet fonctionnel, utilitaire, ce qui ne laisse pas beaucoup de place pour l’Amour; aimer Ewa, c’est donc renoncer au rêve, alors dès que Bruno ne voit plus en Ewa un simple investissement rentable, ce rêve américain qui lui sert de façade sociale se fissure.

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Le dernier plan montre en parallèle ces deux destins : d’un côté la liberté vraie d’Ewa, partant vers un avenir incertain (puisqu’elle est libre, impossible de déterminer son futur), et de l’autre la Liberté déchue de Bruno, affalé au sol, immobile, et dont l’avenir est presque certain (l’emprisonnement, ça va de soi). Un plan magistral, de la même trempe que le contre-jour final de the Searchers, pour sa maîtrise du cadre et de l’espace laissant émerger le sens avec une clarté foudroyante; cela ne pouvait pas finir autrement, le point parfait pour conclure le récit. Mais il ne faut pas se méprendre : s’il y a quelque chose d’inévitable, si nous sentons qu’il devait en être ainsi, ce n’est pas parce que les personnages sont déterminés à l’avance, mais bien parce qu’ils sont tels qu’ils sont. C’est le vrai sens de la tragédie, elle qui découle des conséquences désastreuses de nos choix (plutôt que de subir des drames qui nous sont extérieurs, dont ne pouvons en aucun cas être tenus responsables).

Alors conclusion inévitable, de mon côté itou, pour boucler la boucle : l’Amérique ne s’est jamais aussi bien représentée qu’au cinéma, art qu’elle a adopté pour faire briller son rêve, alors faire un Grand Film sur l’Amérique, c’est aussi faire un film sur le cinéma, sur ses possibilités. Et filmer le rêve américain, ce serait filmer le discours officiel, la représentation omniprésente que l’Amérique se donne d’elle-même; ce serait donc re-présenter, se contenter de filmer un rêve qui existe déjà sans chercher à le voir autrement, une répétition du même. En somme, filmer le rêve américain, ce serait faire juste un film, ce serait aussi cesser de voir l’acteur pour l’Autre qu’il est en le réduisant à un objet fonctionnel au déroulement du récit ou à la structure du discours. Mais il faut faire plus que critiquer le rêve américain puisque cette critique est aussi omniprésente que le rêve lui-même, une simple critique risquerait fort de n’être aussi qu’une re-présentation (à moins qu’elle ne soit bien originale, singulière) : il faut surtout proposer une alternative, une Amérique possible, qui repose sur un regard juste sur l’Homme. Et quoi de mieux que le cinéma pour nous faire voir ce monde possible, pour essayer de nous en rapprocher en nous faisant voir ce que l’Amérique refuse de voir, c’est-à-dire des Hommes, avec leur liberté, leur conviction, leur dignité? Heureusement, il y a James Gray. (Ou, en une question : y a-t-il un cinéaste américain plus essentiel en ce moment?)

Sylvain Lavallée Écrit par :

“Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » – pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins – et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire.” Serge Daney

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