Méli-Mélo (2)

J’accumule ces liens depuis un bout de temps, alors ils ne sont pas tous d’actualité. Je voulais que ces Méli-Mélo apparaissent de manière plus régulière, mais je n’arrête pas d’en retarder la publication en me disant qu’un article s’en vient, que je suis mieux d’attendre un vide dans l’écriture pour le combler avec une abondance de suggestions de lecture… Voilà ce vide arrivé, mais j’ai tant attendu que j’avais trop de liens, j’ai dû faire un peu de ménage (c’est trop intimidant, sinon, un barrage de liens). Je vais essayer, dans le futur, de publier une telle compilation au moins une fois par mois pour éviter de perdre des liens en cours de route, enfin, ça dépendra toujours de ce que je lis. Bref, mes suggestions de l’été, plus ou moins en ordre chronologique de parution.

What makes art art? And why gaming may not make the grade, Fisun Güner

“[…] because we can be talking about two different things when we talk about art – the first an institutional definition, whose boundaries indeed shift, and the other, which has a wider brief, about what possesses cultural significance – we can often find ourselves in a muddle. If we feel something lacks the cultural cachet it deserves – such as games – some immediately seek to validate it in terms of art, not just as something that possesses cultural value but that which should be accepted by the art world. And they seek to do so by listing criteria which no longer hold weight in the art world, such as how intricately made something is, how skilful its production, or how beautiful. Such are the confusions and convolutions we have arrived at after a hundred years of modernism and its off-shoots.”

J’avais commencé à écrire sur les jeux vidéo avec cette question en tête (est-ce que les jeux vidéo peuvent être de l’art?), moins pour y répondre que pour trouver une nouvelle manière d’approcher la question de l’art. Je ne suis pas d’accord en tout avec cet article, mais ce passage répond à certaines questions que je vais sûrement exposer bientôt, sur ce statut flou de l’Art depuis la modernité. Tiens, pour donner une idée de ce que j’ai en tête, cette citation est à relier aux fréquentes discussions par ché nous sur tous ces Guzzo qui se plaignent d’un cinéma fait pour déplaire au “grand public”. Un tel reproche à l’art n’aurait même pas pu être pensé il y a deux cents ans, alors pourquoi aujourd’hui tant de bruit autour de cette question?

Mommy: et si?, Robert Lévesque

“L’événement décrété national serait diffusé en direct sur Ici Radio Canada Télé, sur RDI et Télé Québec. Et puis l’on verrait enfin Xavier Dolan, en décalage horaire, mais rasséréné et d’apparence presque humble (plus mignon encore, commentera Cassivi le mardi qui suit), qui avouerait candidement ne pas se formaliser (! ? !) de cette célébrité soudaine… Le jeune prodige laisserait entendre alors à la meute plumitive miaulant de plaisir que rien n’est trop beau pour la classe ouvrière et qu’il allait bientôt s’envoler vers Hollywood où l’oncle Oscar n’avait qu’à bien se tenir. Assise à ses côtés, la comédienne Anne Dorval, très Sandrine Maxou, battrait des paupières quasiment à la vitesse du son…”

J’avais commencé à écrire sur l’affaire Dolan, puis je me suis ravisé parce qu’il y avait déjà trop de bruit. Peut-être qu’on y reviendra à la sortie de Mommy. Du lot, ce texte était de loin le plus jouissif.

Frames of Reference : “The Grand Budapest Hotel” and the World of Wes Anderson Philip Conklin

“In essence, the entire film can be understood as a resurrection of the Grand Budapest Hotel. The hotel exists first as a notion, as something that a dead author would have written a nostalgic book about. Going through the frame narratives, it then transforms into a real thing, but something that only exists in memory, something to be recalled as an inspiration. Next, the hotel comes into existence, but as a husk of its former self, a derelict relic soon to be demolished. Then, finally, it is brought back to life in its perfect, fully realized form, depicted in vivid detail on the screen. But of course, implicit in all this is the knowledge that the hotel will die — it is, in fact, already dead. Although we can see it so beautifully rendered right in front of us, we also know that it is only alive through memory, put back together from notions and recollections, and that even while we watch what happened there, we know that the thing is long dead. In this sense, the artificiality of Anderson’s rendering makes sense — more so, it’s necessary.”

Rien à dire sinon que c’est une bonne critique d’un bon film!

Dark Souls 2 is kind of disappointing, Stephanie Jennings

“In fact, I think a fairly constant theme in my opinion of Dark Souls 2 is that it’s not much of a memorable experience. I had memorized the world and layout of so much of Lordran. I could easily sit here and map for you my progress through Dark Souls. But right now, I can barely remember the most basic locales and enemies and characters in Dark Souls 2. I have to really try to remember what path led where or how I got to a particular place. I don’t remember how this thing connected to this other thing. And I don’t care.”

J’ai beaucoup parlé de l’espace dans les films d’action contemporains, mais il serait intéressant de faire un parallèle avec les jeux vidéo. Explorer un espace virtuel, c’est pratiquement la définition de “jeu vidéo”, en fait je serais prêt à argumenter que ça devrait être la définition d’un jeu vidéo, pour mettre fin aux débats stériles sur les “notgame” et les “walking-simulator” (il faudrait étendre la définition d’espace virtuel pour inclure les puzzle par contre, mais ça ne me semble pas trop problématique). Dark Souls, à ce niveau, est imbattable : le fait qu’il n’y ait pas de carte du monde oblige le joueur à apprendre la géographie des lieux et c’est très précisément ce qui donne toute sa consistance à ce monde (en plus de la direction artistique et du design). On habite ce monde parce qu’il est vraiment en nous, dans notre mémoire, parce qu’il faut apprendre à le connaître, il ne faut pas  que parcourir une image (Skyrim par comparaison n’est qu’une image plane, il suffit de suivre la carte, la flèche, on n’a jamais besoin d’apprendre quoique ce soit sur ce monde, nous n’avons aucun ancrage dans celui-ci, on peut apprécier les paysages et c’est tout, notre relation au monde demeure très abstraite – enfin, ce serait une longue discussion, il y a d’autres éléments à prendre en considération, peut-être une autre fois).

DIGITAL FUTURE, INVISIBLE PAST: What Lives On When A Good Game Dies?, Darby McDevitt

“The clearest example of this phantom longevity can be seen in every incarnation, clone, and bastardization of Tetris, a game whose original version has all but vanished from popular view (a port is floating out there somewhere on the web) but whose basic mechanics have been revived, reworked, modified, and imitated in countless incarnations for the past 30 years. Like digital ghosts drifting from one console to the next, year after year, platform to platform, the basic puzzle and control mechanics that underly Tetris live on outside its code in the heads and fingers of its admirers. This is it’s true legacy. Not a physical thing, but an idea.”

Un article intéressant sur la préservation des jeux vidéo : l’auteur argumente qu’ils seraient moins un produit physique qu’une idée, une mécanique de jeu qui se perpétue à travers l’histoire. C’est quand même un problème difficile, l’histoire des jeux vidéo, avec cette technologie qui change tellement vite que des jeux produits il y a à peine dix ou quinze ans ne sont plus accessibles  à moins de posséder une technologie désuète (genre un playstation 2 ou un N64, alors imaginez Commodore ou Atari!) C’est tout le problème du numérique : il n’y a pas d’histoire, qu’un présent perpétuel, constamment renouvelé. Ceci dit, l’idée de cet article n’est pas sans intérêt, et dans le cas d’un jeu comme Tetris effectivement je ne suis pas certain que les différences entre la version originale sur Gameboy et une version plus récente sont si fondamentales, mais il me semble que c’est plus difficile à argumenter pour tous les jeux plus narratifs.

Busting the Myth of Nazi Super-Science, Robert Rath

But the problem with the Nazi super-science narrative isn’t so much that it glosses over Nazi Germany’s spotty record with technology, but that it has extremely unfortunate subtext. First of all, it gives far too much credit to the Nazis, implying that if they hadn’t been “disrupted” by the war, they could’ve achieved technological feats – like the moon landing – faster than the Allies did. Second, it indirectly endorses their racist ideology, since telling a story where Nazi scientists create super soldiers suggests that there actually was something to their belief in eugenics. […]But the final implication is by far the worst: that Nazis were able to make science advance at a faster pace by removing ethical constraints.”

Belle analyse d’un cliché de la science-fiction. La dernière phrase, surtout, m’apparaît importante aujourd’hui : dans bien des films, la “morale” est vue comme quelque chose de restreignant, difficile, ce serait tellement plus simple et naturel d’être anarchique, nihiliste! C’est assez dégueulasse, tout cela, et ça va dans le sens de la Chute de l’Homme. On félicite les films sombres et torturés, où rien n’est tout noir ni tout blanc, mais on oublie trop facilement que quand tout est gris, on ne peut plus faire de distinction. Il faut le rappeler: l’éthique n’est pas ce qui restreint l’homme, mais ce qui l’élève.

On videogame criticism, Brendan Keogh

“But to feel this immersion we entangle our bodies with messes of cables and hardware: controllers covered in buttons and keyboards and joysticks and screens and speakers. We take part in these very actual activities with very actual objects; our physical bodies are crucial to the illusion that one has left the ‘real’ world. This is the video game form: human bodies and perception caught up with nonhuman circuitry and computers – and all viewed on a screen. It is a form often ignored.

[…]

To be sure, the virtual content of video games and our desire for immersion have long obscured the video game form to us. The works of Kojima and a few others challenge this by not hiding from their own video gameness. Their characters know there is no sealed-off fourth wall demarcating the virtual from the actual. Video games are far more porous than other media: we reach into them, changing what happens ‘inside’ them, and they reach out to change what happens to us. Virtual worlds are the content of video games, and learning how to write about them in the context of form is one of the biggest struggles facing critics.”

Je n’aime pas beaucoup Brendan Keogh, un critique (et un universitaire) bien en vogue, mais ce texte touche un aspect des jeux vidéo sur lequel je veux écrire depuis quelque temps. Disons d’abord que l’idée que la forme des jeux vidéo est un corps humain entremêlé à un ordinateur est aussi absurde que si je disais que la forme du cinéma est un corps humain et sa perception entremêlés à un projecteur. Il est vrai que l’on néglige énormément l’importance de l’interaction physique du joueur, le rôle de la manette de jeu, de l’interface, mais il ne faut pas exagérer! (Et le sentiment d’avoir quitté le “vrai” monde n’a rien de propre aux jeux vidéo, j’ai la même impression, avec encore plus de force, devant un film ou même avec un livre. La critique de jeu vidéo en général est coupable d’une myopie artistique aigüe.)

L’autre citation est plus intéressante, c’est l’aspect sur lequel je veux écrire : il n’y a pas de “quatrième mur” dans un jeu vidéo. L’idée du quatrième mur vient de l’idée que le spectateur n’a aucun contrôle sur l’oeuvre qu’il regarde ou lit, qu’il n’est qu’un spectateur, mais quand on devient un joueur, nous ne sommes plus séparés de la fiction, on y participe. Tout l’aspect autoréférentiel des jeux de Kojima ne brise pas la fiction, il la renforce (en tout cas pour moi).

“The sole ray of hope” and other platitudes, Mark Filipowich

“The superhero figure sets up a funhouse mirror to reality, warping the world it supposedly comments on, but often it does so uncritically. The issue is that if one’s only lens to look at the world is warped than one accepts the warp as true: the more these stories dominate the landscape the more twisted their reflection of the world.

If there’s a problem with the superhero figure it’s that his (yeah, his) heroism is too super to relate to, too distant from reality to mean anything. We romance his authority and his ability to act and influence because those are taken for granted.”

Simple citation qui va dans le sens de plusieurs de mes derniers articles.

The Human Touch, Jonathan Rosenbaum

“Broadly speaking, both The Decalogue and Fargo have a lot to do with television, but Fargo represents an apotheosis of a peculiar posthumanist TV tradition that the Coen brothers have made their own — to the same degree that The Decalogue, though it was made for television, represents an apotheosis of a humanist tradition in movies that may be on the verge of disappearing. I realize this sounds fairly overblown, but I suspect that how one values either work has something to do with how one values human life.”

[…]

“Later on the sullen, silent kidnapper (Peter Stormare) is seen watching a daytime soap on a set with poor reception while he distractedly scarfs down junk food, which is considered more worthy of our interest than the kidnapped woman who lies dead in a corner of the same room; precisely when and how she died is made to seem a trivial matter — a passing detail, lost (as it were) between commercial breaks. Granted, this emphasis may be a commentary on the callousness of the kidnappers; but isn’t it also a commentary on the callousness of the Coens and their audience?”

Quelle comparaison étrange, Kiewslowski et les Coen! Comme Jonathan Rosenbaum publie sur son site tous ses articles depuis qu’il a commencé comme critique (dans les années 60 si je ne m’abuse), j’imagine qu’il y avait dans l’actualité, au moment de la parution de ce texte, un événement quelconque pouvant expliquer ce lien. En tout cas, rien ne saurait être plus opposé que l’humanisme émouvant du grand Polonais et le nihilisme méprisant des deux clowns Américains; pourquoi ces deux-là sont vénérés alors qu’ils ne font que cracher au visage de l’homme, je ne comprendrai jamais. Utiliser une technique aussi virtuose, aussi maîtrisée, pour délivrer une telle vision (puérile) de l’homme, ça fait peur. À côté d’eux, la crasse misogynie de Michael Bay est bénigne.

Une entrevue avec Joss Whedon, sur sa contribution (non-créditée) au scénario de Speed – quelques extraits en lien avec La Chute de l’Homme

“For me, it’s only about everybody playing the reality of the situation, and having time to take out some of the “movie stuff.””

“I feel the important thing is to let the characters know that they’re in an insane movie. The audience knows it, and unless it’s a fantasy, you need the audience to feel like that’s what they’d be doing on that bus.”

“Whatever doesn’t need to be dialed in, you want to leave open, in case the actor wants to bring something else. When they’re reacting to something you came up with, you want to leave them that space.”

“We had gone from cool ‘70s guys and Popeye Doyle [from “The French Connection”] to a much more hyperbolic era. I feel like “Speed” was part of our way out of that, into an action movie that understands that everybody matters. It’s more of a disaster-movie-action-movie hybrid. It’s based on saving these people, it’s not based on killing the bad guy.”

À Grantland, the Action Hero Championship Belt par Bill Simmons, un historique complet du genre, de Steve McQueen à aujourd’hui (complet du point de vue américain). Mais ça manque d’amour pour le grand Steven Seagal, qui, jusqu’à Under Siege, a peut-être été la plus grande star du genre, celui qui a le plus clairement développé une éthique personnelle, évoluant de film en film.

An Auteur Is Not a Brand, Richard Brody

“They called their idea the “politique des auteurs,” the “author policy,” but it’s neither a policy nor, as its American acolyte Andrew Sarris said, a theory. It’s an account of an experience. […] the critics recognized something more important than patterns of images or habits of performance; they recognized a detailed, complex, and original worldview, along with the integrated style of images, acting, dialogue, and tone that embodied it. […] The filmed images were of the visible world, but they conveyed, as if through secret codes, the fullness of inner worlds.”

“Movies, if they’re very good, aren’t a conversation; they’re an exaltation, a shuddering of one’s being, something deeply personal yet awesomely vast. That’s what criticism exists to capture. And it’s exactly what’s hard to talk about, what’s embarrassingly rhapsodic, what runs the risk of seeming odd, pretentious, or gaseous at a time of exacting intellectual discourse. “

Rien à rajouter!

Form and its Usurpers, Brendan Vance

“Before I can reclaim my lost appendages we must first reclaim something more fundamental: Our language, the medium through which we think. Consider the power inherent in the words ‘form’ and ‘content’. ‘Form’ describes what the things we make are; thus they who define form decide what things can be. ‘Content’ is more powerful still because it defines what we want; they who define content decide what is and is not valuable. Like all powerful words, ‘form’ and ‘content’ have a political history: They have meant different things in different times and places, serving alternately as tools of liberation and oppression. In the present era ‘content’ is one of the ugliest words I know, translating roughly to ‘shit we cram into the middle of Assassin’s Creed 3 so it takes longer to complete’. This is what today’s English tells us we want. It isn’t what we used to want, however. Once upon a time some people stole this word from us. They buried the former meaning somewhere in the depths of history where they hoped we’d never find it. ”

[…]

“We who Twitter views as ‘content creators’ now live in a world where, paradoxically, the most anti-capitalist measure we could take is to charge money for things. I believe we need to do this whenever possible. Offering your work free as in gratis might seem noble and kind to those who want to see it, but remember that giving things away ‘for free’ via services like Steam, the App Store or Twitter costs both you and your users far more in the long term than $5 would cost them right now.”

Un texte mastodonte! Comment ces deux citations sont reliées, à vous de lire le texte! Certainement le plus intéressant de ce Méli-Mélo (peut-être de l’année), qui déborde largement le sujet des jeux vidéo pour embrasser toute la culture autour du web. Ces questions m’interpellent de plus en plus : je ne pourrais jamais faire payer pour lire ce blogue, ce serait contre nature, contre le principe même qui régit mon idée du blogue, mais est-ce qu’un Patreon serait envisageable par exemple, ou une twiterrisation (eurg…)? Et plus simplement, qu’est-ce que ça représente un blogue aujourd’hui, je veux dire, comment le lecteur moyen approche un blogue, comment moi je le conçois et l’utilise, et est-ce vraiment la forme appropriée pour mon contenu?

the 5 Ugly Lessons Hiding in Every Superhero Movie

Un vieil article celui-là, découvert récemment, et qui déconstruit très bien, avec beaucoup d’humour, les valeurs dégueulasses qui se terrent derrière nos films de super-héros. Je mets ici les 5 leçons, mais ça vaut le coup de lire l’article au complet :

the Common Folk Are All Helpless and Incompetent

Only Raw Talent and Wealth Make Someone Fit to Be in Charge

The Only Thing Preventing Justice Is This “Due Process” Bullshit

Violence Has No Possible Negative Consequences… as Long as the Right People Do It

Screw the Underdog , Root for the Rich Kid!

***

Quelques films vus et non discutés ici, si jamais vous voulez les aborder dans les commentaires : l’excellent dernier film d’Eastwood, Jersey Boys (celui que je regrette le plus de ne pas avoir abordé ici ou ailleurs); le dernier Transformers de Michael Bay, égal à lui-même (entendez ça comme vous voulez!); Guardians of the Galaxy, rigolo et un retour à l’homme assez intéressant pour Marvel, mais ça demeure un peu vide; Expendables 3, j’en parlerai peut-être, je m’intéresse beaucoup à Sly ces temps-ci (et Steven Seagal). Woody Allen ne devrait pas tarder… J’ai l’impression d’en oublier…

Question littérature, je poursuis tranquillement L’homme sans qualité (j’achève la partie achevée), entre les lectures deleuziennes mentionnées dans mes textes sur Cruise, et maintenant j’ai quelque peu entamé le Let’s Talk About Love de Carl Wilson, un livre qui s’annonce pas pire pantoute sur l’album de Céline Dion, écrit par un critique qui la hait profondément et qui essaie de comprendre cet écart entre sa répulsion auditive à la chose et l’amour universel qu’elle semble pourtant susciter.

Pas beaucoup de nouvelles musiques sous mon radar, sinon Spoon, Spoon et encore Spoon (c’est bon Spoon!)

Et je suis de moins en moins intéressé par les jeux vidéo, il y a presque toujours un sentiment de vide après une séance de jeu, surtout dans le cas des gros blockbuster (ce qui n’est jamais vrai au cinéma, même après un navet), alors je me suis tourné vers des classiques  et je prends mon temps. J’ai terminé Final Fantasy VII il y a peu et je suis dans Baldur’s Gate 2Vu la taille de ces jeux, je prends des pauses avec des trucs moins ambitieux, les superbes jeux d’aventure de Wadjet Eye (Dave Gilbert) entre autres.

C’est cela pour moi, à votre tour!

Sylvain Lavallée Écrit par :

“Car une chose est d’apprendre à regarder les films « en professionnel » – pour vérifier d’ailleurs que ce sont eux qui nous regardent de moins en moins – et une autre est de vivre avec ceux qui nous ont regardés grandir et qui nous ont vus, otages précoces de notre biographie à venir, déjà empêtrés dans les rets de notre histoire.” Serge Daney

15 Comments

  1. Nathalie Juteau
    23 août 2014
    Reply

    « Il faut le rappeler: l’éthique n’est pas ce qui restreint l’homme, mais ce qui l’élève.» Exactement ce que je tentais d’expliquer à un groupe d’amis, que l’on finit pas se perdre dans des zones de gris. J’aurais la phrase assassine pour notre prochain get together! Merci!

    • Sylvain Lavallée
      23 août 2014
      Reply

      Ça vaudrait un article cette question : aujourd’hui, pour répondre à une quelconque hantise du manichéisme, probablement une réaction très post-11 septembre, il faut éviter à tout prix le noir et blanc, il faut tout essayer de comprendre, mais on fait souvent l’erreur de mêler “comprendre” avec “justifier”. C’est important de comprendre, oui, mais ça ne justifie pas l’horreur pour autant!

      Tiens, Bernie de Linklater pose très bien ce problème (un film diablement négligé, c’est très fort) : personne ne veut condamner Bernie pour le meurtre qu’il a commis, mais pourtant il faut bien le faire. Le film me fait bien comprendre pourquoi Bernie a fait ce qu’il a fait, pourquoi ses concitoyens acceptent le meurtre sans broncher (sans les présenter comme des idiots pour autant, ce qui déjà est extraordinaire, et très anti-Coen pour faire un pont avec l’autre commentaire), mais aussi pourquoi il faut condamner Bernie quand même (il a tué quelqu’un, tsé…) Bref, il y a du gris, mais pas concernant l’acte lui-même, le meurtre. Il n’y a pas de gris dans un meurtre, seulement dans les circonstances particulières entourant l’acte.

  2. Frédérik
    23 août 2014
    Reply

    Tout un statement sur les Coen! J’aurais tendance à dire que le fardeau de la preuve vous revient sur celle-là…

    • Sylvain Lavallée
      23 août 2014
      Reply

      C’était un peu pas mal gratuit, en effet! Mais le texte de Rosenbaum (ou tout ce qu’il a écrit sur ces réal.) explique assez bien ma vision des choses. En gros, les Coen sont à l’image de Peter Stormare dans Fargo (le grand blond avec Buccemi): des êtres complètement asociaux, incapables de voir et réagir à la souffrance autour d’eux, et qui sont bien plus passionnés par le petit (ou le grand) écran que par le réel. C’est toujours très juvénile, un nihilisme adolescent destructeur qui se complaît dans la bêtise. Ce sont des maîtres de la forme, ça il n’y a pas de doute, leurs films sont pratiquement parfaits d’un point de vue esthétique, c’est vraiment leur vision du monde qui m’écoeure. Enfin, je vais peut-être essayer de le prouver un jour, j’avais commencé à revoir leurs films après Inside Llewyn Davis, mais j’ai arrêté vite, c’était trop décourageant!

  3. RAPHAEL
    23 août 2014
    Reply

    Voici mes écoutes cinématographique depuis le début 2014. Je prends en note tout ce que je vois, et le cote selon mon appréciation. (J’utilise le systeme de cotation mediafilm…) Ça vaut ce que ça vaut, mais je m’amuse bien avec ça! Dans quelques années, je serai bien content d’avoir tout ça en banque, ça fera remonter de beaux souvenirs. Et me fera sans doute réaliser à quel point mes gouts, ma vision des choses change avec le temps!

    1. The green mile (2) (1999)
    2. The deer hunter (1) (1978)
    3. Her (2) (2013)
    4. 12 years a slave (2) (2013)
    5. Wings of desire (2) (1987)
    6. Psycho (1) (1960)
    7. The piano (2) (1993)
    8. City lights (1) (1931)
    9. Modern times (1) (1936)
    10. The dark knight (3) (2008)
    11. Mon oncle Antoine (2) (1971)
    12. Koyaanisqatsi (2) (1983)
    13. Kill Bill volume 1 (3) (2003)
    14. Kill Bill volume 2 (3) (2004)
    15. Vertigo (1) (1958)
    16. Once upon a time in the west (2) (1968)
    17. 25th hour (3) (2002)
    18. La vie d’Adèle (2) (2013)
    19. 12 angry men (2) (1957)
    20. Scarface (3) (1983)
    21. Do the right thing (2) (1989)
    22. Silver linings playbook (3) (2012)
    23. True romance (3) (1993)
    24. Dr. Strangelove (2) (1964)
    25. The legend of Bagger Vance (3) (2000)
    26. The graduate (3) (1967)
    27. Synecdoche New York (3) (2008)
    28. Dead man (3) (1995)
    29. The kid (2) (1921)
    30. We own the night (3) (2007)
    31. Les quatre cents coups (2) (1959)
    32. 12 monkeys (3) (1995)
    33. Platoon (3) (1986)
    34. The wolf of wall street (3) (2013)
    35. Margaret (3) (2011)
    36. Trainspotting (3) (1996)
    37. Never let me go (3) (2010)
    38. Into the wild (3) (2007)
    39. Cosmopolis (3) (2012)
    40. Cloud atlas (3) (2012)
    41. The cabin in the woods (4) (2012)
    42. Stoker (4) (2013)
    43. Cape fear (4) (1991)
    44. The game (4) (1997)
    45. Midnight cowboy (3) (1969)
    46. Gravity (4) (2013)
    47. Killing them softly (4) (2012)
    48. Superbad (4) (2007)
    49. Scary movie (4) (2000)
    50. Scott Pilgrim vs. the world (4) (2010)
    51. La fille du puisatier (3) (2011)
    52. Aliens (4) (1986)
    53. Dans la maison (4) (2012)
    54. Martha Marcy May Marlene (4) (2011)
    55. Stand by me (4) (1986)
    56. Enemy (4) (2013)
    57. The world’s end (4) (2013)
    58. Fearless (4) (1993)
    59. The reader (3) (2008)
    60. Michael Clayton (4) (2007)
    61. American psycho (4) (2000)
    62. Before the devil knows you’re dead (4) (2007)
    63. Sleepers (4) (1996)
    64. 8MM (4) (1999)
    65. The untouchables (4) (1987)
    66. Le vendeur (4) (2011)
    67. The interpreter (4) (2005)
    68. Source Code (4) (2011)
    69. Trust (4) (2010)
    70. Talk to her (3) (2002)
    71. Le gamin au vélo (4) (2011)
    72. GSP, l’ADN d’un champion (4) (2014)
    73. Marécages (4) (2011)
    74. Coteau rouge (4) (2011)
    75. Starbuck (4) (2011)
    76. The men who stare at goats (4) (2009)
    77. The bling ring (5) (2013)
    78. Benny & Joon (5) (1993)
    79. A dangerous method (4) (2011)
    80. Dead silence (5) (2007)
    81. Premium rush (5) (2012)
    82. The faculty (6) (1998)
    83. Take me home tonight (6) (2011)
    84. The haunting (4) (1963)
    85. The last exorcism (5) (2010)
    86. Le gendarme de St-Tropez (5) (1964)

    • Sylvain Lavallée
      23 août 2014
      Reply

      Je vous trouve très généreux! Mais c’est toujours le problème avec les cotes, on se met à faire des comparaisons et l’échelle paraît soudain bien trop petite (par exemple, à Panorama, j’ai mis 6 à Ida et 7 à Snowpiercer, mais pourtant l’écart dans mon appréciation est énorme!) J’essaie de penser le film en soi, qu’est-ce que j’ai ressenti à ce moment-là, pas par rapport aux autres films, sinon il faudrait une tonne de décimales pour nuancer… Autre exemple : je viens de revoir avec beaucoup de plaisir les Rambo, si je mets un 3, avec Mediafilm, ce serait égal à mon plaisir, mais ce n’est certainement pas égal, dans mon esprit, dans ce que ça m’apporte, avec the Immigrant disons, qui mériterait peut-être aussi un 3. Enfin, c’est toujours un exercice périlleux, les cotes, mais bien stimulant.

      Et je m’étonne de Green Mile (2), l’un des films que j’aime le plus détester! La première fois je crois que Tom Hanks m’a irrité au plus haut point (je l’avais vu en salles en français et je ne l’ai jamais revu depuis, peut-être que mon appréciation serait différente aujourd’hui).

  4. RAPHAEL
    23 août 2014
    Reply

    Vous avez raison, je suis probablement trop généreux, disons que j’ai le (3) assez facile…!! 😛 Pour ce qui est de Green mile, ce n’était pas la première fois que je le voyais, mais j’entretiens un rapport spécial avec ce film. Il fut l’un des films à l’origine de ma passion pour le cinéma, l’ayant écouté pour la première fois à sa sortie alors que je n’avais qu’une dizaine d’années (j’ai 25 ans). J’en étais sorti complètement émerveillé! Il semble bien que je ne me blaserai jamais de ce film. Son écoute fait remonter en moi des souvenirs de jeunesse, et son scénario m’inspire encore autant maintenant. Ça clique quoi!

    Mais le film qui m’a le plus chamboulé cette année demeure The deer hunter. Un choc. Le regard de Christopher Walken à la table de roulette russe… A-Y-O-Y-E….. Inoubliable.

    • Sylvain Lavallée
      23 août 2014
      Reply

      Je ne vous contesterai pas pour Deer Hunter! Je me rappelle l’avoir vu sur grand écran, au cinéma du Parc il y a une dizaine d’années. Enfin, grand écran, c’est relatif au Parc, mais c’était dans le temps où ils n’avaient pas oublié la pellicule, ce fut un grand choc même si je l’avais déjà vu 2 ou 3 fois à ce moment là. Ça c’est un 1, sans hésitation.

  5. RAPHAEL
    23 août 2014
    Reply

    Je suis tombé dernièrement sur une citation bien intéressante. Alain Bergala et son concept de “boiterie” : Bergala propose de distinguer “les exécutants d’un programme, fut-il le leur, et ceux qui, dans n’importe quel système de production et avec n’importe quel moyen technologique, réussissent à imprimer à leur film cette singularité par où ce film leur ressemble et ne ressemble qu’à eux, serait-ce par sa boiterie. (… ) On pourrait définir cette boiterie comme ce qui peut infléchir, dévoyer ou carrément faire obstacle (comme accident ou comme échec) à la réalisation en tant que bonne exécution du programme. C’est ce qui fait toute la différence entre la singularité et l’originalité : l’originalité peut faire partie du programme d’un film, pas la singularité qui est par définition ce qui perturbe le programme et donne au film cet aspect bancal, naufrage inconfortable dont n’a cessé de parler Jean Cocteau. L’originalité est affaire de codes et de modes et se démonétise très vite : ce qui était original hier peut devenir banal ou vieillot aujourd’hui. Ce qui est réellement singulier reste singulier (La nuit du chasseur, Gertrud, La règle du jeu le sont autant aujourd’hui qu’au jour de leur sortie) car la singularité n’est pas recyclable. On ne peut rien faire de la boiterie d’un autre…” (Cahiers du Cinéma n°353, p. 16)

    • Sylvain Lavallée
      24 août 2014
      Reply

      Merci beaucoup pour cette citation! Ça va dans le sens de ce qui devrait être mon prochain article : il y a une manière très conventionnelle, institutionnelle peut-être, pour identifier les “bons” films, et cette manière m’ennuie de plus en plus, d’où mon intérêt pour le cinéma d’action par exemple, qui ne répond pas à ces critères conventionnels. Formellement, il n’y a rien de bien intéressant dans ces films, mais il y a je crois une singularité, comme le décrit Bergala, en relation à la présence des acteurs surtout. Les Rambo sont loin d’être des chefs d’oeuvre, mais il y a quelque chose d’unique qui s’en dégage et cette unicité est précieuse.

    • Sylvain Lavallée
      28 août 2014
      Reply

      Question indiscrète (vous n’êtes pas obligé de répondre) : je lisais le 4/3 et paf, voilà la même citation de Bergala qui me saute dans la face, alors je vois 3 options : 1) coïncidence improbable 2) un lecteur de ce blogue vous a “volé” votre citation ou 3) ma question s’adresse à un critique qui se cachait?

  6. RAPHAEL
    29 août 2014
    Reply

    C’est une pure coïncidence, ou bien il y a un critique du 4/3 qui visite assidûment votre blog et qui a été inspiré par ma citation. Pour l’option 3, j’aimerais bien en être un, mais je ne crois pas posséder ce talent, du moins pas en assez grande “quantité” pour pouvoir intéresser des lecteurs cinéphiles avec mes textes. Des analyses de votre niveau, c’est de l’Art, et ce n’est pas donné à tout le monde!

    Le 4/3 est un site que je n’ai jamais visité. J’irai y jeter un oeil! Pour ma part, c’est en lisant un texte sur holy motors que j’avais découvert cette citation.

    http://www.cineclubdecaen.com/realisat/carax/holymotors.htm

    • Sylvain Lavallée
      30 août 2014
      Reply

      Ah, de l’Art, merci! La critique peut ressembler à de l’art, mais j’hésite toujours à en faire un équivalent, ou plutôt à dire que la critique peut être de l’art, probablement parce que la critique a une “fonction” mieux établie que l’art, ou peut-être parce que la critique a un sujet bien précis, l’art, et qu’elle est limitée par celui-ci. Enfin, sujet complexe, que je me promets d’aborder un jour ou l’autre.

  7. RAPHAEL
    30 août 2014
    Reply

    Art ou pas, je sais toutefois que plusieurs de vos interventions ont eu sur moi un impact, autant émotionnellement qu’intellectuellement. J’ai même le gout de vous citer (c’est l’endroit pour le faire de toute façon, ont est toujours dans méli-mélo… 🙂 ), à l’époque de votre blogue sur séquences, une envolée de votre part que j’avais trouvé particulièrement forte et inspirante :

    “Pas de scène à sens unique ici, ou de personnages simplement fonctionnels, le mouvement est constant et le dialogue réel, Take Shelter est l’antithèse d’un film inerte comme Young Adult, et il offre une vision beaucoup plus large et complexe de l’homme que le récit programmé et refermé sur lui-même du Vendeur. Ce n’est pas simplement une différence de philosophie, entre un film déterministe et un film prônant le libre arbitre, et ce n’est pas non plus une question de mes affinités personnelles avec l’une ou l’autre de ces perspectives. Avant tout, c’est la différence entre un film à thèse, où le message est pesé dans chaque plan, enfermant le tout dans une trajectoire fixe et réglée à l’avance par un auteur surpuissant, déterministe oui, mais pas pour les personnages, plutôt pour le spectateur qui ne peut que suivre les indications du cinéaste, et un film ouvert, non pas « ambigu » comme peut l’être le dernier plan d’Inception par exemple, au contraire Take Shelter est un film très simple, au récit linéaire limpide ancré dans des gestes quotidiens, j’écris plutôt « ouvert » pour désigner une œuvre dont chaque plan nous renvoie à un réseau de sens immense, les images résonnant les unes avec les autres sans s’épuiser, je parle donc d’une œuvre secouée par du mouvement continu, liquide, que l’on ne peut pas facilement appréhender puisqu’il nous filera toujours un peu entre les doigts. Et, pour être bête, on pourrait dire, finalement, que c’est toute la différence entre un simple film et du vrai cinéma. ”

    Take shelter d’ailleurs semble être dans la catégorie des oeuvres qui tendent à prendre de l’ampleur en moi avec le temps. Contrairement à un Inception justement, dont plusieurs éléments s’effacent de ma mémoire, lentement mais surement. Je ne crois pas qu’il en soit ainsi seulement à cause d’une question de complexité du récit (celui de Take shelter étant bien plus linéaire que celui du film de Nolan, donc plus simple à mémoriser..). Non je crois plutôt qu’il faille aller puiser dans votre explication pour avoir un commencement de réponse à ce phénomène qui se produit en moi : le film contient d’un bord à l’autre une multitude de plans qui nous renvoient “à un réseau de sens immense, les images résonnant les unes avec les autres sans s’épuiser”… Ces images, elles résonnent effectivement entre elles, mais aussi en nous. Et cette “résonance” semble perdurer très longtemps!

    Après avoir vu ce film, je me suis dit wow, ce Jeff Nichols en est un à surveiller de très près! Mais son film suivant, Mud, m’avait laissé sur ma faim. Pour moi c’était nettement moins fort que Take shelter. Il demeure tout de même un cinéaste à ne pas perdre de vue!

    • Sylvain Lavallée
      31 août 2014
      Reply

      Merci encore!

      C’est bizarre de se faire citer ainsi : en écrivant, on ne sait jamais trop comment sera reçu nos textes, je me dis “ah, cette fois c’est parfait, celui-là est bien réussi!” et finalement il n’y a aucune réaction, alors je ne sais pas s’il a été perçu comme je le ressentais, si ce qui était précieux pour moi a été bien transmis. Ensuite, il y a ces textes auxquels on ne pense plus, qu’on trouvait plutôt ratés, et pouf, en voilà un de cité, comme quoi il est particulièrement inspirant!

      À la fin, avec Séquences, je mélangeais trop de sujets, je faisais un texte où il aurait dû en avoir deux ou trois… La section sur Take Shelter me semble bien, mais cette phrase est tellement longue! Je ne sais plus ce que je pensais quand je l’ai laissé tel quel (aujourd’hui je referais la syntaxe, et je me concentrerais sur un film je pense). Cet article ne serait pas dans mes favoris en tout cas, et je ne l’aurais jamais cru “inspirant”! Tant mieux s’il est – je veux juste souligner cet écart entre ma perception d’auteur et celle du lecteur, comme quoi, comme j’ai souvent dit, un auteur ne contrôle pas la réception de son texte, et ça c’est vrai autant pour la critique que pour l’art!

      Mud, j’avais trouvé très bien, excepté la fin et une autre scène dans un stationnement devant un mall si je me rappelle bien, deux moments qui manquaient étonnamment de nuances dans un ensemble pourtant très complexe. Mais ce n’est pas Take Shelter, non.

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